Question sur la conscience et Descartes
Je vous avais fait part de mon incompréhension d’une partie du cours sur la conscience en début de semaine, et vous m’aviez demandé de rédiger la question et de vous l’envoyer à cette adresse. Je vous adresse donc ce mail.
Nous avions, pour débuter cette notion, envisagé la méthode de Descartes pour mettre en évidence la conscience.
Nous avions donc vu qu’il rejetait tout ce sur quoi il pouvait douter. Ensuite, nous avions envisagé le fait qu’il nous est impossible de confondre le rêve et la réalité avant de nous intéresser au cas particulier des « fous ».
J’ai bien compris chacun de ces points. Cependant, je ne parviens pas à trouver la logique du raisonnement, le lien entre tous ces éléments, et leur rapport à la conscience.
Merci de m’éclairer sur cette notion qui me semble importante. Nathalie TS1
La logique de Descartes ne consiste pas, il est vrai, à saisir la conscience ou à la déterminer. Son propos consiste à trouver une vérité indubitable ( dont il est impossible de douter).
Pour cela il considère un principe économique ( qui n'exige pas un examen de toutes les vérités potentielles) : Le doute.
Il va envisager toutes les évidences et rejetter toutes celles pour lesquelles on pourra imaginer le moindre doute.
Il va donc considérer la perception qui n'est vraiment mise en doute que par la folie : Si je ne peux imaginer que je suis en train de rêver, je peux en revanche imaginer que ma perception est altérée par la maladie et que tout ce que je vois n'est que la projection de mon esprit. En l'halluciné croit vraiment voir ce qui n'existe que dans son imagination.
Il ne resterait alors que ma logique ( appliquée de manière privilégiée dans les maths).
Mais je peux imaginer un malin génie qui pervertirait mon rapport au vrai, me ferait croire que je suis dans le vrai chaque fois que je suis dans le faux et inversement.
Mais je peux imaginer un malin génie qui pervertirait mon rapport au vrai, me ferait croire que je suis dans le vrai chaque fois que je suis dans le faux et inversement.
Seul alors, le lien entre ma pensée et mon existence, l'évidence que j'ai de moi-même comme sujet de la pensée, ne pourrait être mise en doute par quoi que ce soit.
C'est là que la conscience se révèle, et que Descartes, par ce qu'on appelle "le cogito" nous fait saisir son évidence indubitable. Sartre trouve une formule, il parle de "la conscience qui s'atteint-elle même".
L'évidence de Descartes ne touche donc pas un objet qui serait sauvé du doute, mais le sujet lui-même, capable par réflexion de se saisir en tant que sujet. C'est ainsi que la conscience de soi est la première évidence accessible.
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