fiches de cours sur l'imitation
L’Imitation :
-On peut imiter un modèle, ou un exemple. Dans quel domaine le lien avec ce qui est imité doit-il être le plus strict ?
I/ Imitation en estéthique :
A/Performance technique :
-Le principe de l’art pourrait consister à imiter le mieux possible la beauté naturelle.
-On se retrouve confronté à des problèmes, car il faut bien connaître l’objet à représenter (cf : Leonard De Vinci).
-La plus grande proximité avec le modèle va amener à créer des illusions (perspective).
B/Problème de l’imitation estéthique:
-Privilège de la nature sur l’art.
-Si il y a imitation totale (donner l’impression que l’on a affaire à une réalité), l’art est inférieur à la nature « L’Art imite la nature »dit Aristote. ( Attention au contre-sens)
-Il y a un statut dégradé de l’art imitatif. L’imitateur est l’auteur d’une production séparée de la réalité de 3 degrés : le tableau imite l’objet qui imite l’idée
-Valeur artistique de l’imitation. Balzac disait : « Si l’imitation était un but, la meilleure sculpture serait un moule. »Si tu moulesla main de ta maîtresse, tu n’obtiendras qu’un horrible cadavre, et tu devra aller voir un sculpteur, qui, sans te la copier exactement, t’en figureras le mouvement et la vie ». alzac
C/Possibilité de l’imitation valorisable en estéthique :
-Celui qui ne fait qu’imiter ne fait pas de l’art.
-Au théâtre, on n’imite pas, mais on reproduit une situation possible.
II/ L’imitation pratique :
A/Pertinence pour l’explication psychologique du comportement :
-Nous sommes dans un rapport mimétique à l’autre. On peut imiter des personnes fictives ou réelles. On comprend beaucoup de comportements par le mimétisme. Girard dit que « la structure du désir est mimétique ».
B/La valeur morale de l’imitation :
-Girard : « Quand j’imite le désir de quelqu’un, je veux être ce qu’il est donc je veux ce qu’il possède ».
-Il n’y a pas véritablement d’exemple d’acte moral (tout ce que l’on fait a toujours un intérêt).
C/Valeur pédagogique de l’imitation :
-On apprend souvent en imitant des conaissances antérieures (surtout dans les dispositions pratiques et dans la technique).
-Peut-on apprendre à un enfant à devenir quelqu’un de bien ?
Rousseau dit alors: « Je sais bien que ces vertus, par l’imitation, sont les vertus de singes, et qu’aucune action n’est moralement bonne que lorsqu’on la fait comme tel. Il faut bien faire imiter aux enfants des actions que nous considérons comme bonnes avant qu’ils ne les fassent par amour du bien ».
=>L’imitation n’est ici qu’un moyen, et pas une fin.
=>l’imitation est reléguée à un moyen pour une fin.
III/ Valeur religieuse et ethnologique de l’imitation :
=> L’habitude, l’obéissance (imitation par inertie, pour suivre un mouvement par exemple).
A/Possibilité d’une haute morale imitative :
-Lorsque l’on retrouve par l’imitation les initiateurs moraux ou éducateurs religieux, on arrive à une assimilation envers ces initiateurs. Une « Médiation Externe » selon Girard, ici voulue et recherchée.
-En religion seulement, une morale est déjà déterminée, alors que chez les athées, la morale est déterminée par eux seuls.
La meilleure façon d’être bouddhiste par exemple, c’est d’imiter Bouddha (etc.…. selon les religions).
La religiosité authentique cherche à imiter l’initiateur authentique.
« On ne peut faire de progrès dans la vertu qu’en imitant le Christ » St Jean De La Croix.
Les exemples religieux sont les plus proches de la morale.
èDans la religion, l’imitation règne (cf : la flagellation dans un cas extrême).
-En morale, l’imitateur est une exemple, et non pas un référent de la modalité.
B/Valeur ethnologique de l’imitation :
-Chez certains peuples, l’imitation est essentielle, car ils sont très religieux, dans les tribus par exemple.
« Un geste acquiert une valeur dans la mesure ou il est la reproduction d’un geste effectué dans le temps d’origine par un ancêtre ou par un Dieu » Mircéa Eliade
-Dans ces peuples, le quotidien est rituel, et c’est là que l’imitation a son sens le plus fort, car il est le seul rapport au monde possible pour les hommes. Ils ne se projettent pas dans l’avenir, car l’avenir sera une répétition de ce qu’ils font tout le temps.
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Conclusion : L’imitation en estéthique ne peut pas être valorisée : la recherche de la plus grande proximité avec le monde réduirait l’œuvre d’art au statut d’une pâle copie, incapable de satisfaire la conscience. C’est dans la distance avec le modèle, son élection, et la perspective, que l’imitation peut-être valorisée. Dans le domaine moral, l’imitation n’a qu’une valeur de second ordre : elle peut expliquer les comportements, elle peut donner des exemples, mais le lien entre liberté du sujet et la valeur de son acte interdit de considérer que l’imitation soit morale en elle-même. C’est dans le domaine religieux, dans son extension que l’on constate, sur le plan écologique, que la plus grande proximité est recherchée. C’est là que l’imitation a son sens le plus élevé.
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