conclusion sur la religion
Le fait religieux se caractérise donc d’abord par un sentiment, mêlé de crainte et de fascination, à l’égard d’un monde considéré comme sacré, et une obligation de distinguer ce monde du profane. Le lien vers le sacré s’effectue par un rite qui peut, soit chercher à instrumentaliser le sacré à des fins profanes, ce qui caractérise la magie, soit avoir la communication pour seule fin, là est le lien religieux proprement dit. On comprend alors l’importante structuration du social qu’a apporté le religieux. Mais cet apport, et la forme même du religieux doivent également être considérés sur le plan historique parce qu’une évolution ne peut être ignorée : Celle de l’avènement d’un monothéisme et celle, parallèle, d’une incursion du divin dans l’approche du sacré.
Conforme aux exigences de la raison totalisante, cette évolution a amené une relative incompatibilité entre les diverses religions, et une pertinence, contestée dans son principe mais historiquement effective, de l’investigation rationnelle dans le champ du religieux.
L’examen le plus fréquent des religions se fait de manière indirecte dans la considération réciproque que les croyants comme les athées font de la position adverse. La démarche est discutable, mais la conviction d’une possible détermination rationnelle de l’existence ou de l’inexistence d’un Dieu a, elle, été définitivement invalidée par une critique (au sens de discernement) des limites de la raison elle-même.
L’existence de Dieu n’en reste pas moins pensable dans ses implications qu’on ne peut toutes envisager : Elle propose une conception de la nature comme intelligemment structurée, conception respectable tant qu’elle ne commet pas l’erreur de se considérer comme scientifique. C’est cependant au niveau d’une conception globale du monde comme incluant le mal, que l’existence de Dieu est également conçue comme un problème : Le croyant trouvant dans sa foi une acceptation donatrice de sens, et l’incroyant concevant le mal comme une objection définitive à la croyance en un être suprême et bienveillant.
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