la mémoire
LA MEMOIRE
Nous avons des souvenirs => Question comment les souvenirs
peuvent-ils se conserver?
A/ LA CONSERVATION DES SOUVENIRS
1) La trace matérielle
Conservation par traces matérielles:
Ribot dans des traces matérielles sont laissées dans le cerveau comme des sillons sur un disque.
Argument essentiel: Une lésion dans le cerveau => un oubli: ex cité par Delay maladies de la mémoire une jeune fille souffrant d'une lésion cérébrale dans la région pariétale droite souffre d'agnosie tactile.
2) Objection:
Un agnosique ne perd pas un souvenir: il retrouve à chaud ce qu'il croyait perdu Cf. Delay: " un malade incapable de faire à froid le signe de croix le refait spontanément en entrant dans un église ".ibid
lorsqu'un organe est lésé ce qui est supprimé ce n'est pas le souvenir mais la possibilité de son évocation. => les souvenirs ne se perdent pas
3) la conservation spirituelle
La dualité de la mémoire
Il existe une mémoire qui s'explique par des connexion neuromusculaires = l'habitude
- Intérêt de l’habitude : Favorable à l’action : L’habitude permet de ne pas consacrer d’effort à ce qui a déjà été effectué. Permet aussi de remplacer le tatonnement de la découverte par l’aisance du réflexe.
- Exemple Apprendre par coeur est une habitude, répétition d'un effort, décomposition puis recomposition de l'action totale. C’est en ce sens que l’habitude est une vertu, parce qu’elle permet de se plier à ce que l’on veut acquérir comme réflexe.
- 2ème mémoire : A côté de cette mémoire faite de plis, d’habitude, il en est une seconde où tout se conserve, ou du moins ou quelque chose de l’évènement est conservé sur le mode de mes affects.
Cf. matière et mémoire « le souvenir de telle lecture s'est nécessairement imprimée du premier coup dans la mémoire » ibid p 83
=> SE RAPPELER CE N EST PAS SE SOUVENIR je peux me rappeler d'un poème => le passé est utilisé, il ne se présente pas comme passé La vraie mémoire n'est pas matérielle, le souvenir, c'est l'esprit en tant qu'il dure ce que montre le fait que lorsque je prononce une phrase je me souviens du début. dans le cas contraire je serais incapable de penser. - je ne suis conscient que de des souvenirs qui sont utiles à l'action et que la conscience sélectionne
=> L’habitude est une sélection répétée de ce qui est utile à l’action
=> ( Dans le rêve pas d'exigence de l'action => les images reviennent en désordre, " rêver c'est se désintéresser " => les rêves n'ont pas de sens.)
- le cerveau actualise les souvenirs il n'est que l'instrument de leur évocation consciente. => les souvenirs se conservent d'eux mêmes dans un inconscient psychique, ils sont notre réalité spirituelle, d'où l'antiphrase de Lavoisier par Bergson: « Tout se crée, rien ne se perd »
B/ DEPASSEMENT DE LA NOTION DE CONSERVATION
1) Objection:
Le chosisme de Bergson: identité entre les deux opposés matérialiste et spiritualiste :
- Pour Ribot les souvenirs sont des traces dans le tissu nerveux
- Pour Bergson ils se situent dans in inconscient " spirituel ", ( on élimine l'ignorance par le recours à un mystère.)
Dans les deux cas il s'agit d'une conservation, d'un reflet .
Comment alors distinguer le passé du présent ? Si j'ai la perception d'une image passé j'ai cette perception dans le présent: " La perception conservée est une perception, elle continue d'exister, elle n'ouvre pas en arrière de nous cette dimension de fuite qu'est le passé "
Merleau-Ponty: Phénoménologie de la perception
2) Statut du souvenir.
a) Le rapport au passé
Les choses se conservent mais le souvenir n'est pas une chose ; faire d'une pensée une chose c'est ce que Sartre nommera dans l'imaginaire une illusion d'immanence.
Tout comme la conscience de la présence est un acte par lequel je me rapporte à une chose présente, le souvenir est une acte l'acte présent d'évoquer un événements en le rapportant au passé.
Cependant pour que l'évocation soit possible il faut que quelque chose se conserve = Aides mémoire.
b) Les différents types de mémoire
- Mémoire organique = influx nerveux qui emprunte des circuits familiers ( pas statique )*
- Mémoire autistique : Conservation et restitution intime de nos souvenirs sur le mode affectif et sans autre logique que celle de l’inconscient. Mémoire reconstruite selon les lois de l’inconscient.
=> Plusieurs mémoires : mémoire familiale, professionnelle, nationale.
- Mémoire sociale. social Telle guerre, calendrier, événements qui impliquent la société toute entière
c) le récit.
C’est là qu’intervient le récit : Le passé n’est conservé comme souvenir que prace qu’il est inscrit dans un ensemble d’ordre rationnel, des représentations collectives qui me permettent de me raconter mon passé. P. Janet : « Si l'homme, dit-il, fixe ses souvenirs, c'est pour faire le récit de ce qu'il a vu à ses semblables. » C’est pourquoi nous avons si peu de souvenirs qui précèdent notre prise en compte du langage.
Cf. Halbwachs: " le passé ne se conserve pas on le reconstruit à partir du présent." Les cadres sociaux de la mémoire Chaque repère permet d'évoquer une foule de souvenirs.
C LE PROBLEME DE L OUBLI:
1) L’oubli comme perte
- Simple phénomène négatif, Cf. le manque de mémoire. Conception matérialiste: effacement des traces gravées dans le cerveau, Ribot: " les maladies de la mémoire "
Objection:
- l'apraxie ( oubli de l'identification tactile)
- L'agnosie
- l'aphasie ( oubli du langage )
Ne correspondent pas à la destruction du souvenir mais à l'impossibilité de son évocation ( une émotion permet de retrouver le geste ou le mot. )
le passé se conserve donc, il ne faut plus se demander comment les souvenirs sont-ils détruits mais pourquoi ils ne peuvent être évoqués.
L'oubli se comprend donc à travers les préoccupations de la personne. Il n'est pas un simple manque, il recouvre une signification positive.
2) La dynamique de l'oubli:
L’oubli révèle une dynamique de l’inconscient où il s’agit de sélectionner et d’élaborer les souvenirs.
La sélection des souvenirs se fait en fonction de mon affectivité : Ce qui marquera ma mémoire sera davantage ce qui peut être en rapport avec mon affectivité. Dans le pré-conscient se situe tous les souvenirs que peuvent être actualisés.
Mais l’oubli lui-même n’est pas une simple perte, il correspond également à une dynamique :
Dynamique du refoulement :
a) Ce qui est désagréable, ou associé au désagréable peut être refoulé
Cf L’oubli du dernier vers de Virgille : Exoriar(e) aliquis nostris ex ossibus ultor!
Cité par Freud dans Psychopathologie de la vie quotidienne. L’oubli intervient ici comme un confort psychologique pour éloigner ce qui pourrait être désagréable. Intervient aussi dans le rapport à ses propres actes passés : Cf. Nietzsche " j'ai fait cela dit ma mémoire, c'est impossible dit mon orgueil. Finalement c'est ma mémoire qui cède.". Par delà le bien et le mal §68
b) L’altération du souvenir :
Ce dont on se souvient correspond rarement à ce qui réellement a marqué notre mémoire affective : Présence des « souvenirs écrans » qui prennent la place des souvenirs réels et en constituent un rappel masqué : « Un jeune homme de 24 ans garde de sa cinquième année le souvenir du tableau suivant. Il est assis, dans le jardin d'une maison de campagne, sur une petite chaise à côté de sa tante, occupée à lui inculquer les rudiments de l'alphabet. La distinction entre m et n lui offre beaucoup de difficultés, et il prie sa tante de lui dire comment on peut reconnaître l'un de l'autre. La tante attire son attention sur le fait que la lettre m a un jambage de plus que la lettre n. - Il n'y avait aucune raison de contester l'authenticité de ce souvenir d'enfance; mais la signification de ce souvenir ne s'est révélée que plus tard, lorsqu'on a constaté qu'il était possible de l'interpréter comme une représentation (substitutive) symbolique d'une autre curiosité de l'enfant. Car, de même qu'il voulait connaître alors la différence entre m et n, il chercha plus tard à apprendre la différence qui existe entre garçon et fille et aurait aimé être instruit en cette matière par la tante en question. Il finit par découvrir que la différence entre garçon et fille est la même qu'entre m et n, à savoir que le garçon a quelque chose de plus que la fille, et c'est à l'époque où il a acquis cette connaissance que s'est éveillé en lui le souvenir de la leçon d'alphabet. »
« Les souvenirs de la première enfance, ne sont pas les vestiges d'événements réels, mais une élaboration ultérieure de ces vestiges » Freud ibid
c) Problème du refoulement
Les valeurs sociales intériorisées empêchent dynamiquement les souvenirs de revenir à la mémoire.
Problème : Les pulsions refoulées risquent de revenir de façon clandestine et provoquer des troubles plus important que ne l’auraient fait la gestion des souvenirs ou évènements. L’oubli par le refoulement empêche la gestion des souvenirs, leur intégration dans un récit cohérent.
au contraire c'est son maintien sous forme de symptôme qui est la cause de troubles; exemple du Poltergeist pour la femme seule, résurgence du passé où elle soignait sa mère qui l'appelait en frappant au mur et qui le soir de sa mort a tapé en vain.
Il ne s'agit pas ici à proprement parler d'oubli mais une incapacité de penser le passé comme passé: La présence du passé signifie une absence, l'absence du souvenir justement. la mémoire affective est le reproduction d'attitudes anciennes (je reproduis dans ma phobie du rouge le traumatisme qu'a
représenté une vue du sang). Il s'agit là d'une habitude
affective. Cf la méthaphore des monuments dans les 5 essais sur la Psychanalyse
Le problème du passé traumatique, ce n'est pas qu'il soit oublié c'est au contraire qu'il soit toujours présent sous la forme de symptôme. Aussi se souvenir est-il essentiel dans la cure
psychanalytique.
D/ AMBIVALENCE DE L’OUBLI ET DE LA MEMOIRE
1) Positivité de l'oubli
Si l'oubli ne peut pas être considéré comme un simple manque il n'est dans la cure psychanalytique envisagé presque uniquement comme nocif.
Il y a cependant une positivité de l'oubli, même si paradoxalement le souvenir est nécessaire pour l’oubli.
- Déjà considéré : La nécessité d’oublier pour agir.
- Mais nécessaire également d’oublier pour jouir du présent. La santé mentale supposerait l’oubli :
- Mais nécessaire également d’oublier pour jouir du présent. La santé mentale supposerait l’oubli :
« Nulle fierté, nulle jouissance de l’instant présent ne pourraient exister sans faculté d’oubli » Nietzsche Généalogie de la mémoire
Si une telle jouissance est impossible c'est que la conscience du passé comme passé, nous montre que ce qui a été a irrémédiablement disparu, et que tout ce que nous vivons porte en soi le caractère de l'éphémère. Nous ne pouvons comme les animaux jouir simplement du présent, parce que nous savons qu'il y a un passé perdu, et que le présent que nous vivons disparaîtra à son tour: "Observez le troupeau qui paît sous vos yeux; il ignore ce qu'était hier, ce qu'est aujourd'hui. Il s'ébat... , lié à son plaisir et à sa douleur, comme au piquet de l'instant, sans mélancolie ni satiété. Il est dur à l'homme de voir cela, parce qu'il se vante de son humanité, s'il se compare à l'animal dont il envie pourtant le bonheur". Nietzsche considérations inactuelles II 1
Le malheur vient donc de la conscience du fait que le passé est passé, il vient également du fait que nous concevons par là, notre impuissance sur le temps. Notre mémoire consacre donc le passé comme perdu, et le temps comme une puissance sur laquelle nous n'avons aucune prise: "Le vouloir ne peut rien sur ce qui est derrière lui. Ne pouvoir détruire le temps ni l'avidité dévorante du temps telle est la détresse du vouloir." Ainsi parlait Zarathoustra II. De la rédemption. C'est cela qu'Heidegger nomme "la déréliction"
" L'homme qui est incapable de s'asseoir au seuil de l'instant en oubliant tous les événements passés, celui qui ne peut pas, sans vertige et sans peur, se dresser un instant tout debout, comme une victoire, ne saura jamais ce que c'est que le bonheur."
Nietzsche ibid (1873).
En ce sens celui qui est malade de la mémoire est l’homme qui ne peut oublier,
2) La socialisation et la mémoire
a) La mémoire comme résultat d’une socialisation
La mémoire ne constitue pas un donné de l’homme, mais un acquis, une socialisation. La nécessité de la mémoire vient de la nécessité sociale de la promesse. Aucune société ne peut tenir sans la notion de contrat, sans une possibilité pour l’homme de tenir une parole. C’est même pour Nietzsche un contre-sens chez Rousseau d’avoir voulu fonder la société sur la notion de contrat, alors que la possibilité de contracter suppose une socialisation préalable.
ð Dressage social de l’homme pour parvenir à ce résultat : Torture, marquage.
ð Nietzsche montre que peu de choses sont aussi terribles que l’adoption d’une mémoire par une société. Cf. l’expression « marqué au fer rouge". " Peut-être n'y a-t-il rien de plus inquiétant dans toute la pré-histoire d e l'humanité que sa mnémotechnique " généalogie de la morale 2ème dissertation §3
A ce titre Pierre Clastres, dans la société contre l’état rappelle que les rites d’initiation ont souvent pour but de marquer le corps par la douleur et la cicatrice pour que le rappel social soit toujours présent. “ dans le rituel initiatique, la société imprime sa marque sur le corps des jeunes gens ”.
b) mémoire et conquête
La mémoire est une conquête de l’homme qui pourrait considérer avec fierté cette maîtrise possible de lui-même. L'homme a certes été "fait prévisible" mais c'est cela qui fait de lui un individu souverain, capable d'une identité à soi, et capable également de dépasser les aléas qui l'empêcheraient de tenir sa promesse. Tel est ce produit: "l'homme libre" " qui donne sa parole comme une chose à laquqelle se fier, car il se sait assez fort pour la tenir en dépit des accidents, voire " en dépit du destin"" Nietzsche Généalogie de la morale, deuxième dissertation §2
L’amnésie est une faiblesse, une impossibilité de l’identité de soi dans le temps. L’oubli est aussi un oubli de soi, de la parole donné, de ce notre projection dans l’avenir à partir d’un projet : Dans L’odyssée ( Chant IX) les lotophages végètent dans l’oubli de leur terre et d’eux-mêmes. Seul Ulysse supérieur et rusé, parvient à se souvenir.
De même une société qui oublierait son histoire se couperait de ses forces de ce qu’elle a pu conquérir.
De même une société qui oublierait son histoire se couperait de ses forces de ce qu’elle a pu conquérir.
c) La mémoire et le ressentiment.
- Cependant cette conquête peut se retourner contre l’homme lui-même, non seulement, comme déjà vu, parce qu’elle l’empêche d’agir, mais aussi parce qu’elle cultive en lui la culpabilité, la rancune, tout ce que Nietzsche appelle le ressentiment. La génèse du ressentiment, c'est l'incapacité d'action. contrairement à l'homme sain qui conquiert la mémoire pour être capable de maîtrise et d'identité, l'homme faible, incapable de s'opposer au fort, cultive la rancune et la vengeance, enfouit en lui même, dans sa mémoire, les offenses passées auxquelles il a été incapable de répondre.
Cf de façon plus anodine le regret qu'on parfois les gens de ne pas avoir eu la répartie au moment voulu: "je l'aurais mouché".
Là commence la véritable haine, peu concevable chez les forts. Cf. "la vengeance est un plat qui se mange froid". Pour Nietzche ou le plat se mange chaud ou il empoisonne.
" Le ressentiment, lorsqu'il s'empare de l'homme noble, s'achève et s'épuise par une réaction instantanée, c'est pourquoi il n'empoisonne pas " Généalogie de la morale 1ère dissertation. § 10
- Distinction du pardon chrétien, qui est conservation de la rancune, préservation en soi du souvenir de l’offense. L’oubli de l’offense caractérise l’homme qui a assez de forces vitales pour se mettre à distance de l’offense. " Ne pas pouvoir prendre longtemps au sérieux ses ennemis, ses malheurs et jusqu'à ses méfaits - c'est le signe caractéristique des natures fortes, qui se trouvent dans la plénitude de leur développement et qui possèdent une surabondance de force plastique, régénératrice et curative qui va jusqu'à faire oublier. (Un bon exemple dans ce genre, pris dans le monde moderne, c'est Mirabeau, qui n'avait pas la mémoire des insultes, des infamies que l'on commettait à son égard, et qui ne pouvait pas pardonner, uniquement parce qu'il - oubliait). Un tel homme, en une seule secousse, se débarrasse de beaucoup de vermine qui chez d'autres s'installe à demeure" ibid
De même une société qui cultive sa rancune risque d’être incapable d’avancer et de ruminer des haines qui l’empêchent d’avancer ( Cf. La France avant la guerre de 14)
3) Le sens de l'oubli et le sens de la mémoire;
Il y a donc deux sortes d'oubli :
L'oubli qui permet la santé et celui qui entraîne la maladie
=> l'homme n'est pas passif par rapport à sa mémoire, il peut le fuir et alors le malade est peut-être l'homme de mauvaise foi,
Il peut le choisir: si tel événement nous paraît anodin, tel autre d'importance capital, c'est que nous lui donnons cette importance sur la base d'un projet: la rencontre passée d'un être peut-être un événement anodin ou déterminant selon ce que je choisirais de vivre à ce propos :
" Je revis Gilberte dans ma mémoire. J'aurais pu dessiner le quadrilatère de lumière que le soleil faisait sous les aubépines, la bêche que la petite fille tenait à la main, le long regard qui s'attacha à moi." Proust Albertine disparue.
il peut aussi lui donner son sens:
" Qui peut décider de la valeur d'enseignement d'un voyage, de la sincérité d'un serment d'amour, de la pureté d'une intention passée etc. ? C'est moi, toujours moi selon les fins par
lesquels je les éclaire. " Sartre : L'Etre et le Néant p. 555
CONCLUSION:
La mémoire n'est donc pas un récipient spirituel ou matériel dans lequel l'homme collectionnerait ses souvenirs, il est un acte de la conscience,
Cf. Nietzsche " j'ai fait cela dit ma mémoire, c'est impossible dit mon orgueil. Finalement c'est ma mémoire qui cède." Chercher référence .*
" L'homme qui est incapable de s'asseoir au seuil de l'instant en oubliant tous les événements passés, celui qui ne peut pas, sans vertige et sans peur, se dresser un instant tout debout, comme une victoire, ne saura jamais ce que c'est que le bonheur."
Nietzsche " considérations inactuelles " (1873).
retrouver citation de Merleau-Ponty prouvant que toute illusion d'immanence concernant le souvenir aurait pour conséquence théorique une confusion entre le passé et le présent.
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