L'imagination

Publié le par Christophe Leconte

L'IMAGINATION




Pouvoir de la conscience de se porter vers ce qui n'est pas ( l'absent) , ce qui n'est plus ( le passé ), ce qui n'est pas encore ( le possible ).

 

Exercice de ce pouvoir:

Imagination matérielle = représentation des êtres absents ou irréels. Origine magique : la croyance basique de la magie est que l'action sur le symbole de la chose est l'action sur la chose.

- Croyance primordiale au lien entre l’image et la chose : Nous distinguons la chose de son image ( cf Magritte : peint une pipe et écrit en dessous : « ceci n’est pas une pipe » En effet, c’est un tableau )

En Egypte on ne mettait pas une image de lion dans une tombe sans mettre une image de couteau.

On cherche à agir sur un pouvoir par son image ( idole )

On cherche à agir sur un individu par sa représentation ( la photo ) = l'envoûtement.

Le terme d'imagination pour qualifier l'opération psychique est la métaphore de l'imagination matérielle: la conscience aurait en elle quelque chose de comparable à une image.

 

Question: l'imagination est elle la production en nous d'image comme l'imagination matérielle est la production d'image à l'extérieur de nous.

 

I LA NATURE DE L IMAGINATION

 

A Théorie empiriste

 

- Prend au pied de la lettre le rapport entre l'imagination et l'image: les images seraient des représentations affaiblies des sensations en leur absence: " par idées j'entends les faibles images des impressions dans la pensée et le raisonnement " HUME

Il n'y aurait donc qu'une différence d'intensité entre l'imagination et la perception.

- Pblème: si seulement différence d'intensité entre perception et imagination risque de confusion entre les deux.

Pour les empiristes elles se confondent effectivement. Par exemple un aveugle frappé de cécité à la suite d'une tumeur dans la région occipitale du cerveau ne sait pas qu'il est aveugle parce que la tumeur excite les centres visuels et ainsi provoque des hallucinations.

L'empirisme fait la même erreur à propos des images qu'elle fait à propos des souvenirs, elle les considère comme des choses = illusion d'immanence

 

 

B Théorie Sartrienne

 

Lorsque je perçois ou que j'imagine je vise bien un même objet: si je perçois une chaise, puis que je ferme les yeux et que j'imagine cette même chaise, c'est bien à la même chaise que je me rapporte. « Simplement la conscience se rapporte à cette même chaise de deux manière différentes » Sartre: L'imaginaire .

Il n'y a pas de perceptions, de souvenirs, d'images dans la conscience , toute conscience est un acte de viser quelque chose d'extérieur à elle.

Mais alors que percevoir est viser un objet comme étant présent, imaginer est se rapporter à un objet comme étant absent, c'est poser un objet comme néant: «  Mon image de Pierre c'est une

certaine façon de ne pas le voir, de ne pas le toucher, une façon qu'il a de ne pas être à telle distance. Si vive, si touchante, si forte que soit un e image , elle donne son objet comme n'étant pas là. » ibid.

Ainsi s'explique ce que l'empirisme ne pouvait expliquer: La distinction spontanée entre le réel et l'imaginaire.

 

C/ Projection vers l’autre du réel

 

- Possibilité d’imaginer sans poser l’objet comme absent

- Exemple de la personne que l’on croit voir à la place d’un inconnu

- Exemple de la peur qui fait voir un monstre dans une ombre

- Exemple du rêve qui transforme le bruit pour l’intégrer.

Dans ces 3 cas la réalité n’est pas niée comme absente, elle est simplement changée.

- Mais ici ce n’est plus ma conscience qui se projette; ce sont mes désirs et mes peurs dont justement je n’ai pas forcément conscience, qui sont encrées dans mon inconscient.

La théorie de Sartre reste valable: l'imagination est bien une façon qu'a la conscience de poser l'objet comme absent.

Mais l'imagination peut-être aussi une façon inconsciente qu'a l'affectivité de se rapporter à un objet comme autre.

 

II L'importance de l'imagination.

 

2 conceptions complémentaires de l'imagination qui ont en commun un décalage par rapport au réel::

- acte de la conscience qui néantise ce qui est présent.

- Acte de l'affectivité qui transforme ce qui est présent

 

A/ L'imagination maîtresse d'erreurs

 

1) Primauté sur le réel

a) Richesse supérieure du réel

- 1ère lecture de Sartre: l'imagination est un appauvrissement de réel

-> la perception qui toujours peut s'enrichir de détails différents, l'imagination se réduit à la conscience que l'on a de l'objet: « l'objet de la perception déborde constamment la conscience » Sartre: ibid.

b)

Si on ajoute à cette théorie la possibilité pour nos affects de se projeter, l'imagination déborde le réel, le transforme, en fonction de mes tendances: je ne vois pas le monde de la même façon si j'ai faim ou si j'ai peur, je ne vois pas une forêt de la même façon si je sui botaniste, chasseur ou peintre. La perception ressemblerait aux test de Rorschach où je projette mes

désirs sur des tâches d'encre.

 

2) Déformation du réel

L'imagination serait donc dans ce cas " maîtresse d'erreur et de fausseté " Pascal ." l'imaginaire n'est pas dans l'image, c'est à dire dans la connaissance que l'on a de l'objet, mais bien dans l'émotion, c'est à dire " dans une énergique et confuse réaction du corps soudain en alarme." Alain:  Manifeste dans les rapports de pouvoir: L'homme de pouvoir se sert de l'imagination, notamment par le costume, le décorum ( cf les messes Nazis) pour s'imposer aux autres.

Déformation de soi: L'image idéalisée du moi est également un produit de l'imagination, formé au terme de l'oedipe par l'identification au père ou à un référent.

Déformation de l'autre également: la passion amoureuse est une construction imaginaire de l'autre. Parfois il est aussi une aide à la construction de l'image de soi: L'autre est paré des caractéristiques imaginaire de celui dont la possession assurerait la conformité à l'image idéale de soi.  

 

 

B le pouvoir créateur

 

1: La création comme fuite

Cependant l'imagination n'est pas seulement déformatrice elle est aussi créatrice

- La création imaginaire permet de comprendre.

- Sens de comprendre: intégrer le non familier à une structure intellectuelle familière. Ici remplace l’absurdité d’un monde incompris par la rationalité d’une structure cohérente.

- C’est ce que parvient à réaliser le mythe: Un corps de représentations imaginaires cohérentes qui permet à l’homme d’interpréter le monde, de lui donner un sens qu’il soit capable d’accepter.

« l’imagination est plutôt la faculté de déformer les images fournies par la perception, elle est surtout la faculté de nous libérer des images premières, de changer les images » Bachelard l’air et les songes.

C'est cette conception qui permet le mythe, ou le fait que l'imagination dépend de l'imaginaire d'une culture.

- Il s'agit certes d'une fuite du réel mais l'imagination peut aussi être l'élément qui permet de maîtriser le réel.

 

2/ La maîtrise:

L'imagination artistique a de commun avec le rêve qu'elle se détache de la réalité c'est ce qu'a vu Freud : " On reconnut que le royaume de l'imagination était une réserve, organisée lors du passage douloureusement senti, du principe de plaisir au principe de réalité " Ma vie et la psychanalyse,

ce que confirment les artistes eux mêmes: " je ne vois pas comment un homme vraiment heureux pourrait avoir l'idée de faire de l'art. Si nous avions la vie nous n'aurions plus besoin de l'art. Quand le présent ne nous offre plus rien, nous crions par l'oeuvre d'art: je voudrais." Wagner Lettre à Uhlig, 12 janvier 1852.

Donc création art = fuite.

Cependant contrairement au rêve ou au délire l'oeuvre d'art prend place dans le réel et l'artiste contrairement au délirant, connaît le chemin du retour.

De même l'enfant cité par Freud dans " Essais de psychanalyse: " " Au-delà du principe de plaisir " qui souffre de l'absence de sa mère mime avec ses jouets l'absence et le retour, il remplace ainsi la passivité par une domination symbolique.

Cf. aussi Bettelheim et la Psychanalyse des contes de fées.

 

3) la domination

Cette domination peut se révéler plus que symbolique: l'imagination permet de deviner des rapports réels entre les choses, c'est l'imagination du savant qui permet, par la création d'hypothèses nouvelles, de comprendre le monde. Ce qu'est une hypothèse scientifique c'est la remise en question de synthèses anciennes et l'imagination de synthèses nouvelles:

L'hypothèse de Newton est une synthèse très vaste entre des phénomènes très éloignés comme: la chute des corps, le mouvement des planètes, les marées.

Mêmes synthèses improbables chez les artistes : Baudelairien parlait " des liens les plus improbables " Rimbaud associait un bateau et l'ivresse.

C la liberté

1) Imagination et liberté métaphysique

Il n'y a pas dans l'imagination que son aspect pratique ou créateur L'imagination permet de mettre le réel à distance, d'introduire le néant dans l'être par le possible ou le fictif imaginé. Ainsi elle permet le doute et l'action, donc la liberté: «  L'imagination n'est pas un pouvoir empirique et surajouté de la conscience, c'est la conscience toute entière en tant qu'elle réalise sa liberté » L'imaginaire  L'imagination est ce qui, de façon privilégiée, permet de mettre la liberté en évidence: «  Pour qu'une conscience puisse imaginer il faut qu'elle échappe au monde par sa nature même, il faut qu'elle puisse tirer d'elle même une position de recul par rapport au monde. En un mot, il faut qu'elle soit libre. » SARTRE ibid.

2) Imagination et liberté politique

Considérer également la liberté politique: Ce n'est que parce qu'une autre situation est imaginée, envisagée comme possible, que l'homme devient capable de se révolter.

 

Encore faut-il que cette imagination puisse échapper à un contrôle, qu'elle ne soit pas uniquement la répétition d'un imaginaire social contrôlé.

Au " moyen âge " par exemple l'imaginaire était constitué d'un bestiaire infernal qui servait une hiérarchie ecclésiastique en assurant son pouvoir par la peur.

Mais nos sociétés modernes ne sont pas exemptes d'imaginaires contrôlé. Ce qui le montre est l'évolution des imaginaires et l'évolution des sciences fiction ou politique fiction:

Au XIXème siècle le maître mot de l'imaginaire était le progrès, on pensait que l'homme parviendrait de plus en plus à une société épanouissante.

Dans les archives même des années 50 on voit comme perspective imaginaire, la réduction progressive du temps de travail.

L'imaginaire était social et global, il s'inscrivait dans une perspective concernant l'humain, il assumait ce devoir qu'ont les hommes de trouver un sens. or comme le dit Cornélius Castoriadis Le monde diplomatique août 1998 " L'imaginaire de notre époque, c'est celui de l'expansion illimitée, c'est l'accumulation de la camelote - une télé dans chaque chambre, un micro-ordinateur dans chaque chambre..." Il ajoute: "c'est cela qu'il faut détruire "

 

Alors certes l'imaginaire montre la capacité humaine à être libre, mais encore faut-il qu'il s'agisse d'une liberté assumée, que les humains osent encore imaginer et ne se laissent pas définitivement convaincre par les perspectives d'experts de tout genre.

 

 

Pouvoir de la conscience de se porter vers ce qui n'est pas ( l'absent) , ce qui n'est plus ( le passé ), ce qui n'est pas encore ( le possible ).

 

Exercice de ce pouvoir:

Imagination matérielle = représentation des êtres absents ou irréels. Origine magique : la croyance basique de la magie est que l'action sur le symbole de la chose est l'action sur la chose.

- Croyance primordiale au lien entre l’image et la chose : Nous distinguons la chose de son image ( cf Magritte : peint une pipe et écrit en dessous : « ceci n’est pas une pipe » En effet, c’est un tableau )

En Egypte on ne mettait pas une image de lion dans une tombe sans mettre une image de couteau.

On cherche à agir sur un pouvoir par son image ( idole )

On cherche à agir sur un individu par sa représentation ( la photo ) = l'envoûtement.

Le terme d'imagination pour qualifier l'opération psychique est la métaphore de l'imagination matérielle: la conscience aurait en elle quelque chose de comparable à une image.

 

Question: l'imagination est elle la production en nous d'image comme l'imagination matérielle est la production d'image à l'extérieur de nous.

 

I LA NATURE DE L IMAGINATION

 

A Théorie empiriste

 

- Prend au pied de la lettre le rapport entre l'imagination et l'image: les images seraient des représentations affaiblies des sensations en leur absence: " par idées j'entends les faibles images des impressions dans la pensée et le raisonnement " HUME

Il n'y aurait donc qu'une différence d'intensité entre l'imagination et la perception.

- Pblème: si seulement différence d'intensité entre perception et imagination risque de confusion entre les deux.

Pour les empiristes elles se confondent effectivement. Par exemple un aveugle frappé de cécité à la suite d'une tumeur dans la région occipitale du cerveau ne sait pas qu'il est aveugle parce que la tumeur excite les centres visuels et ainsi provoque des hallucinations.

L'empirisme fait la même erreur à propos des images qu'elle fait à propos des souvenirs, elle les considère comme des choses = illusion d'immanence

 

 

B Théorie Sartrienne

 

Lorsque je perçois ou que j'imagine je vise bien un même objet: si je perçois une chaise, puis que je ferme les yeux et que j'imagine cette même chaise, c'est bien à la même chaise que je me rapporte. « Simplement la conscience se rapporte à cette même chaise de deux manière différentes » Sartre: L'imaginaire .

Il n'y a pas de perceptions, de souvenirs, d'images dans la conscience , toute conscience est un acte de viser quelque chose d'extérieur à elle.

Mais alors que percevoir est viser un objet comme étant présent, imaginer est se rapporter à un objet comme étant absent, c'est poser un objet comme néant: «  Mon image de Pierre c'est une

certaine façon de ne pas le voir, de ne pas le toucher, une façon qu'il a de ne pas être à telle distance. Si vive, si touchante, si forte que soit un e image , elle donne son objet comme n'étant pas là. » ibid.

Ainsi s'explique ce que l'empirisme ne pouvait expliquer: La distinction spontanée entre le réel et l'imaginaire.

 

C/ Projection vers l’autre du réel

 

- Possibilité d’imaginer sans poser l’objet comme absent

- Exemple de la personne que l’on croit voir à la place d’un inconnu

- Exemple de la peur qui fait voir un monstre dans une ombre

- Exemple du rêve qui transforme le bruit pour l’intégrer.

Dans ces 3 cas la réalité n’est pas niée comme absente, elle est simplement changée.

- Mais ici ce n’est plus ma conscience qui se projette; ce sont mes désirs et mes peurs dont justement je n’ai pas forcément conscience, qui sont encrées dans mon inconscient.

La théorie de Sartre reste valable: l'imagination est bien une façon qu'a la conscience de poser l'objet comme absent.

Mais l'imagination peut-être aussi une façon inconsciente qu'a l'affectivité de se rapporter à un objet comme autre.

 

II L'importance de l'imagination.

 

2 conceptions complémentaires de l'imagination qui ont en commun un décalage par rapport au réel::

- acte de la conscience qui néantise ce qui est présent.

- Acte de l'affectivité qui transforme ce qui est présent

 

A/ L'imagination maîtresse d'erreurs

 

1) Primauté sur le réel

a) Richesse supérieure du réel

- 1ère lecture de Sartre: l'imagination est un appauvrissement de réel

-> la perception qui toujours peut s'enrichir de détails différents, l'imagination se réduit à la conscience que l'on a de l'objet: « l'objet de la perception déborde constamment la conscience » Sartre: ibid.

b)

Si on ajoute à cette théorie la possibilité pour nos affects de se projeter, l'imagination déborde le réel, le transforme, en fonction de mes tendances: je ne vois pas le monde de la même façon si j'ai faim ou si j'ai peur, je ne vois pas une forêt de la même façon si je sui botaniste, chasseur ou peintre. La perception ressemblerait aux test de Rorschach où je projette mes

désirs sur des tâches d'encre.

 

2) Déformation du réel

L'imagination serait donc dans ce cas " maîtresse d'erreur et de fausseté " Pascal . Pensée

Cela est vrai pour la perception qui se laisse aller à la peur ou à l'émotion mais également dans le champ politique où une grande partie du pouvoir joue sur l'imagination des hommes sur lesquels il s'exerce: Cf. Pascal cf. texte

 

B le pouvoir créateur

 

1: La création comme fuite

Cependant l'imagination n'est pas seulement déformatrice elle est aussi créatrice

- La création imaginaire permet de comprendre.

- Sens de comprendre: intégrer le non familier à une structure intellectuelle familière. Ici remplace l’absurdité d’un monde incompris par la rationalité d’une structure cohérente.

- C’est ce que parvient à réaliser le mythe: Un corps de représentations imaginaires cohérentes qui permet à l’homme d’interpréter le monde, de lui donner un sens qu’il soit capable d’accepter.

« l’imagination est plutôt la faculté de déformer les images fournies par la perception, elle est surtout la faculté de nous libérer des images premières, de changer les images » Bachelard l’air et les songes.

C'est cette conception qui permet le mythe, ou le fait que l'imagination dépend de l'imaginaire d'une culture.

- Il s'agit certes d'une fuite du réel mais l'imagination peut aussi être l'élément qui permet de maîtriser le réel.

 

2/ La maîtrise:

L'imagination artistique a de commun avec le rêve qu'elle se détache de la réalité c'est ce qu'a vu Freud : " On reconnut que le royaume de l'imagination était une réserve, organisée lors du passage douloureusement senti, du principe de plaisir au principe de réalité " Ma vie et la psychanalyse,

ce que confirment les artistes eux mêmes: " je ne vois pas comment un homme vraiment heureux pourrait avoir l'idée de faire de l'art. Si nous avions la vie nous n'aurions plus besoin de l'art. Quand le présent ne nous offre plus rien, nous crions par l'oeuvre d'art: je voudrais." Wagner Lettre à Uhlig, 12 janvier 1852.

Donc création art = fuite.

Cependant contrairement au rêve ou au délire l'oeuvre d'art prend place dans le réel et l'artiste contrairement au délirant, connaît le chemin du retour.

De même l'enfant cité par Freud dans " Essais de psychanalyse: " " Au-delà du principe de plaisir " qui souffre de l'absence de sa mère mime avec ses jouets l'absence et le retour, il remplace ainsi la passivité par une domination symbolique.

Cf. aussi Bettelheim et la Psychanalyse des contes de fées.

 

3) la domination

Cette domination peut se révéler plus que symbolique: l'imagination permet de deviner des rapports réels entre les choses, c'est l'imagination du savant qui permet, par la création d'hypothèses nouvelles, de comprendre le monde. Ce qu'est une hypothèse scientifique c'est la remise en question de synthèses anciennes et l'imagination de synthèses nouvelles:

L'hypothèse de Newton est une synthèse très vaste entre des phénomènes très éloignés comme: la chute des corps, le mouvement des planètes, les marées.

Mêmes synthèses improbables chez les artistes : Baudelairien parlait " des liens les plus improbables " Rimbaud associait un bateau et l'ivresse.

C la liberté

 

Il n'y a pas dans l'imagination que son aspect pratique ou créateur

L'imagination permet de mettre le réel à distance, d'introduire le néant dans l'être par le possible ou le fictif imaginé. Ainsi elle permet le doute et l'action, donc la liberté: «  L'imagination n'est pas un pouvoir empirique et surajouté de la conscience, c'est la conscience toute entière en tant qu'elle réalise sa liberté » L'imaginaire

L'imagination est ce qui, de façon privilégiée, permet de mettre la liberté en évidence: «  Pour qu'une conscience puisse imaginer il faut qu'elle échappe au monde par sa nature même, il faut qu'elle puisse tirer d'elle même une position de recul par rapport au monde. En un mot, il faut qu'elle soit libre. » SARTRE ibid.

 

Encore faut-il que cette imagination puisse échapper à un contrôle, qu'elle ne soit pas uniquement la répétition d'un imaginaire social contrôlé.

Au " moyen âge " par exemple l'imaginaire était constitué d'un bestiaire infernal qui servait une hiérarchie ecclésiastique en assurant son pouvoir par la peur.

Mais nos sociétés modernes ne sont pas exemptes d'imaginaires contrôlé. Ce qui le montre est l'évolution des imaginaires et l'évolution des sciences fiction ou politique fiction:

Au XIXème siècle le maître mot de l'imaginaire était le progrès, on pensait que l'homme parviendrait de plus en plus à une société épanouissante.

Dans les archives même des années 50 on voit comme perspective imaginaire, la réduction progressive du temps de travail.

L'imaginaire était social et global, il s'inscrivait dans une perspective concernant l'humain, il assumait ce devoir qu'ont les hommes de trouver un sens. or comme le dit Cornélius Castoriadis Le monde diplomatique août 1998 " L'imaginaire de notre époque, c'est celui de l'expansion illimitée, c'est l'accumulation de la camelote - une télé dans chaque chambre, un micro-ordinateur dans chaque chambre..." Il ajoute: "c'est cela qu'il faut détruire "

 

Alors certes l'imaginaire montre la capacité humaine à être libre, mais encore faut-il qu'il s'agisse d'une liberté assumée, que les humains osent encore imaginer et ne se laissent pas définitivement convaincre par les perspectives d'experts de tout genre.

 

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