L'histoire

Publié le par Christophe Leconte


L'HISTOIRE

consulter site http://sergecar.club.fr/cours/histoire4.htm

 

2 sens du terme:

La connaissance historique ( historie )

L'objet de cette connaissance ( Geschiche ) l'ensemble des événement qui se sont produits.

2 Problèmes se posent alors: Comment faut-il écrire l'histoire: qu'est-ce qui est à privilégier dans le cours de événements historiques, l'histoire peut-elle être une science, bref quel peut être le statut de cette connaissance ?
Autre problème celui du cours des événements lui même, ce cours a-t-il un ordre, une orientation, ce que l'on regroupe sous le terme de sens ?

 

I Statut de la discipline historique:

 

A) L'histoire est-elle une science ?

 

1) Caractéristique de la science:

- Universalité: ( Il n'y a de science que de l'universel )

- Nécessité: Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

- Possibilité de vérification.

- Objectivité du scientifique.

 

2) Comparaison à l'histoire.

- L'histoire n'est pas universelle: elle ne parle que du particulier, de l'événement.

- Elle n'est pas nécessaire, elle est au contraire contingente; ce qui a été aurait pu ne pas être. L'événement est son objet, rien ne pouvait auparavant dire que tel événement allait se produire

( cf. Tolstoï et la bataille de Waterloo et l'homme au drapeau )

- Bien sûr aucune possibilité de vérification.

 

Des problèmes concernant la discipline elle même.

Mais des problèmes également en ce qui concerne l'historien lui même et son objectivité.

- L'historien est partial parce qu'il regarde un événement sous un certain angle en privilégiant certains aspects économique, social, culturel; La tendance la plus fréquente était l'histoire événementielle.

- L'historien est un sujet, il a affaire à d'autres humains pour comprendre ce qui fit agir des humains dans le passé il dot entrer dans une certaine sympathie avec eux.

Il ne peut comprendre que les motifs d'action, et les valeurs qui entrent dans une certaine mesure en sympathie avec les siennes.
il ne s'agit pas d'une sympathie de participation, une sympathie ordinaire, mais une sympathie capable d'admettre en hypothèse la réalité des motifs d'action affirmée par les hommes du passé ( la foi des conquistadores par exemple.) cela sans bien sûr partager les mêmes motifs ou vouloir en affirmer la vérité. La pire des choses pour une histoire est de tomber dans l'hagiographie.

Cf. Ricoeur Histoire et vérité

L'historien a donc un statut intermédiaire entre l'objectivité qui interdirait de comprendre et une subjectivité qui le reléguerait à se servir du passé pour l'apologie d'une valeur présente.

 

 

B) l'histoire est une connaissance.

 

1) ce qu'elle n'est pas :

- Une utopie = ce qui n'existe nulle part

- Roman historique: Personnages réels mais relation ou sentiments fictifs. Ex; Relation de Margot et Henri IV dans La reine Margot.

- Mythe : Invention de l'origine

- Apologétique: La recherche est un moyen, non une fin.

Le grand risque dans l'histoire c'est qu'elle soit recomposée à des fins autres que la connaissance du passé. Pour fustiger un groupe, ou pour renforcer une position.

- Exemple: L'inquisition est souvent une représentation destinée à montrer l'église sous le jour le plus sombre. Les crimes de l'église sont manifestes, mais les recherches historiques sur l'inquisition, et notamment sur l'inquisition espagnoles ont montré que la torture n'était nullement systématique, et que les condamnations à mort étaient moins fréquentes que dans les tribunaux civils. On a même trouvé des demandes de prisonniers de prisons royales demandant leurs transfert dans les prisons de l'inquisition.

Toutes les représentations des prisons de l'inquisitions sont originaires des pays protestant, il ne s'agit nullement d'une recherche historique, il s'agit seulement de représentation à des fins idéologiques, moyen pour les protestants de fustiger la cruauté des catholiques.

Inversement on peut donner à un personnage historique une valeur symbolique pour montrer l'ancienneté d'un peuple ( cf. Virgille et L'Enéide, cf Clovis ou Jeanne d'Arc ) .

2) Ce qu'elle est

- Elle cherche à établir une vérité, elle est donc une connaissance.

- Elle s'intéresse au passé ( contre journalisme ) Définition insuffisante: la zoologie également s'intéresse au passé.

- Elle a pour objet l'homme. Donc l'histoire est une connaissance du passé humain.

 

3) relativité de cette connaissance:

Une connaissance est la recherche des causes.

Expliquer ce qui s'est passé = la recherche des causes. Or:

a) les causes peuvent être multiples.

Un seul fait renvoie à une multiplicité de causes possibles.

Ex pour l révolution Française explication économique, sociale ou événementielle.

b) Difficulté à saisir ce qui est véritablement historique.

Pour cela il ne faut pas s'attacher à ce qu'un' époque considère comme son histoire: Ex. le nombre d'habitants à Athènes au Vème siècle peut être plus intéressant pour un historien que le récit de la bataille de Marathon ( considérée comme seule importante à l'époque ).

Il ne faut pas s'attacher non plus pour saisir la complexité des événements les seules raisons invoquées par l'époque. On peut par ex trouver d'autres raison à l'hégémonie d'une cité sur une autre la seule supériorité militaire invoquée par les historiens contemporains de cette hégémonie pour l'expliquer. D'autres raisons ( progrès économique, structure sociale, développement du commerce maritime ) peuvent être invoqués. Plus patent encore lorsque les raisons sont ridicules ( Bossuet et louis 14 ).

II LA SPECIFICITE DE L'EVENEMENT HISTORIQUE

A) Intensité

On considère l'intensité en fonction de

- l'ampleur du phénomène:

- Nombre de gens impliqués

- Puissance de destruction.

Le 11 septembre réunit par exemple toutes les caractéristiques d'un évènement, mais sa détermination comme telle est complexe:

Sa puissance de destruction est manifeste, mais moindre par exemple qu'un bombardement massif, ou par exemple le génocide Rwandais.
Son ampleur tient également à la diversité des personnes concernées: Parmis les 3000 vitimes, il y avait 40 nationalités.

L'intensité de l'évenement ne tient donc pas seulement à des mesures quantitatives. La force symbolique est ici manifeste: L'amérique a été touchée également dans des symboles de sa puissance: Les twin towers et le pentagone.

Le massacre de la saint Barthélémy peut aussi considérer la même charge symbolique: Ce n'est pas seulement le nombre de morts qui stupéfie, c'est aussi parce que des éléments symboliques s'y mèlent. Même chose pour la prise de la bastille.

B) L'imprévisibilité

Ce qui est prévisible ne fait pas évènement par définition. Dans l'exemple présent, l'évènement fait rupture: Les USA n'avaient jamais été touchés sur leur sol, leur confiance en l'inviolabilité de leur territoire était totale.
Même surprise symbolique et imprévisible dans l'execution du roi par exemple: La personne du roi était considérée comme sacrée. Jamais un roi n'avait été légalement exécuté.

C) Retentissement:

Il n'y a pas d'évènement sans qu'il parvienne à la connaissance de nombreuses personnes. D'où le rôle capital des moyens de communication, d'où également le fait qu'il y a désormais davantage d'évènements qu'au moyen âge par exemple. Seuls à cette époque étaient connus les évènement "publiés", et une bataille faisant 200 morts était plus "médiatisée" qu'une famine touchant 10000 personnes.

La communication est donc centrale dans la considération de l'évènement historique. On dit souvent d'ailleurs que sans la presse l'affaire Dreyfus n'aurait pas existé.

Autre effet, le discours peut lui-même devenir évènement. Auparavant le discours politique par exemple pouvait s'adresser à un auditoire, et changer en fonction de l'auditoire d'ailleurs. C'est désormais impossible.
Discours historique le plus médiatisé: L'appel du général de Gaulle, même si son retentissement n'est véritablement intervenu qu'après.   " les médias transforment en actes ce qui aurait pu n'être que parole en l'air, ils donnent au discours, à la déclaration, à la conférence de presse, l'a solennelle efficacité du geste irréversible" Pierre Nora.

Cependant ces critères marquent la façon dont un évènement parvient à devenir un évènement, la seule compréhension, en revanche, que nous pouvons en avoir, est par sa portée.

D) Conséquences

 

 

III L'histoire devenir historique.

 

- Découvrir un sens dans l'histoire => que l'histoire en ait un.

3 acceptions du mot sens: Direction ( but ) Signification, Intelligibilité.

Le problème de la discipline historique est que par sa rigueur même elle n'est capable que de concevoir des histoires sans jamais établir un fil conducteur qui permettrait de relier des histoires entre elles, de comprendre de façon globale le cours des événements historiques, et donc même de déterminer ce que pourra être le futur ou du moins vers quel sorte de futur nous nous dirigeons.

 

A) La raison postulée.

Affirmation Hégélienne selon laquelle l'histoire est la compréhension progressive par l'Esprit de ce qu'il est = liberté.

Traduction: la liberté s'affirmerait au cours de l'histoire.

Elle s'affirmerait d'abord dans la civilisation Orientale ou un seul est libre.

Ensuite elle s'affirmerait dans la civilisation antique où quelques uns sont libres.

Elle s'accomplirait dans la civilisation moderne où " tous sont libres ".

" C'est l'esprit, sa volonté raisonnable et necessaire qui a guidé et continue de guider les événements du monde." Hegel, La Raison dans l'histoire

Ainsi il n'est pas nécessaire de se perdre dans les détails de l'histoire pour comprendre quelque chose à l'histoire. Il suffit de repérer les civilisations qui réalisent un progrès dans l'histoire.

Ensuite est historique les événements qui marquent le même progrès. C'est à dire ceux qui amenèrent une civilisation à sa grandeur ( César, Alexandre le Grand ) ou à sa perte.

On juge alors les actuers de l'histoire à ce qu'ils ont inconsciemment, par l'intermédiaire de leurs passions particulières, fait progresser l'histoire " Il résulte des actions des hommes autre chose que ce qu'ils proejettent et accomplissent. ILs réalisent leur intérêt, mais il se produit autre chose qui y est cachéà l'intérieur, dont leur conscinece ne se rendait pas compte et qui ne rentrait pas dans leur vues (...) c'est ce qu'il faut appeler la ruse de la raison. " Hegel, La Raison dans l'histoire

Par exemple Napoléon avec son ambition personnelle a fait progresser l'histoire.

 

- Objection morale: tend à tout justifier " L'histoire du monde est le jugement dernier du monde. "

Double critique du sentiment historique: Il considère l'hisotire comme la grande raison devant laquelle l'homme doit s'incliner. Opposition au point de vue humain:-> Absurdité de la tyrannie des faits: "L'homme n'est vertueux que s'il se révolte contre la puissance aveugle des faits." (Ibid)

" Il est en effet pour otus les philosophes une suprême évidence qui apparaît come la condition d'existence de la philosophie elle même: celle de la supériorité de l'esprit jugeant sur tout ce qu'il peut avoir à juger, sur tout ce qui, pour lui, peut devenir objet et donc sur l'histoire et les pouvoirs qui s'y manifestent. " Alquié Solitude de la raison.

 

B) Idée d'une histoire universelle.

 

On peut consever l'idée selon laquelle on possède un fil directeur pour comprendre le fil des évenements histoirques sans rompre avec la capacité de jugement:

Kant basée sur l'idée de nature.

Le principe de la nature c'est que tout disposition naturelle tend à se développer complètement.

Vérification par la finalité interne ( l'organe par rapport à l'organisme ) et externe ( un animal dans un eco système ).

Or dans l'homme 2 dispositions ne sont pas complètement développées: La raison et la liberté.

Dem: la méchanceté, la sumission commune des hommes à la passion et à l'égoïsme plutôt qu'à la raison.

Donc 2 solutions: Ou l'homme est une malheureuse exception ou bien le développement de ses dispositions ne se fera pas dans ll'individu mais dans l'espèce.

L'histoire serait donc l'histoire du développement complet de ces 2 dispositions originelles de l'homme que sont la raison et la liberté.

Le moyen de ce développement sera, comme chez Hegel, les passions qui disciplineront l'homme et le forceront à se donner des lois.

Là ou l'on peut penser qu'il y a une supériorité sur cette considéraation de l'histoire c'est que le jugement moral n'en est pas exempt, qu'il est même distinct des conséquences historiques des actions histoiriques.

L'homme moral travaille de son mieux au progrès de l'histoire, et seule compte sa bonne volonté dans cete entreprise. Il n'est pas responsable des conséquences.

cependant là encore un postulat sur la volonté de la nature, et même sur la providence.

 

III autre considération du sens

 

Non pas la direction ou rationnalité de l'histoire mais ce qu'elle est susceptible de pouvoir enseigner, ce qu'elle peut apporter

Critique du sens hstorique transforme l'evenement vivant en mémoire morte (C.I.5)

=>Extirpation des instincts par l'histoire: "Serait-ce qu'une race d'eunuques soit nécessaire pour garder le grand harem de l'histoire universelle ? Ne semble-t-il pas que ce soit leur tâche de veiller sur l'histoire, pour qu'il n'en sorte que des histoires, et jamais d'evenements ? " (C.I.5°

=> Valorisation de l'évenement et du type (cf.Thucydide)

Le sens historique ruine les pos. de vie; il jette sur le present l'ombre du passé qu'il sera 106 107

Au contraire le gai savoir est le savoir du retour de conditions et de dispositions qui ne s'épuisent pas du fait qu'elles se sont manifestées dans le passé.

" Oui au jeu de la création, mes frères, il faut un oui sacré: Alors l'esprit veut sa volonté " (Z,Des trois métamorphoses.)

 

Publié dans Cours

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