La religion

Publié le par Christophe Leconte

LE FAIT RELIGIEUX

 

Religion non élément dont on doit préciser le sens et donc l'existence est problématique

 

 ( comme justice ) la religion est un fait, et tout d’abord un fait anthropologique dont un des premiers caractère serait la diversité.  Dans cette mesure on parlerait davantage des religions que de la religion.

 

Tout examen du fait religieux devrait donc commencer par une enquête anthropologique pour déterminer des caractères commun qui permettrait de déterminer un fait comme religieux. Ceci en prenant garde d’éviter l’erreur la plus courante dans l’examen de ce thème : La réduction du religieux à ce qui nous en est familier, l’opinion ayant tendance à confondre les pratiques et les intérdits de sa religion comme déterminant les caractère de toute religion.

 

Interrogation sur ses différents aspects

 

Que signifie l'attitude religieuse, quels sont ces composants.

 

Ce dont est composé le religieux: le rite et le sens du rite.

 

Recours etymologique: Religare = relier

 

                                   Relegere = respecter

 

Les nuances du respect: crainte mystère fascination

 

I LES ASPECTS DU RELIGIEUX.

 

A) Le respect

 

Danger de ramener un phénomène a sa seule origine historique mais aide de l'étymologie

 

Vient de relegere qui signifie prendre soin, respecter.

 

Cependant :

 

Respect au sens moderne: reconnaissance rationnelle de la valeur d'un être ou d'une chose.

 

Respect au sens religieux primordial: ce qu'on tient en respect, ce dont on est proche et a distance = un sentiment

 

            1) Description du sentiment:

 

Au temps primordial, homme isolé, incapable de comprendre les forces de la nature, sentiment de crainte mais aussi par la présence d'ombres, l'éveil de l'imagination, sentiment du mystère qui se cache, attraction pour ce mystère.

 

Sentiment ambivalent qui caractérise la mise en présence du mystère: La crainte et la fascination

 

L'objet du sentiment religieux « constitue a la fois la suprême tentation et le plus grand des périls. Terrible, il commande la prudence; désirable, il invite en même temps a l'audace. » Caillois: l'homme et le sacré

 

            2) Objet du respect ( ce qu'on respecte )

 

A première vue : Dieu. mais difficulté: n'a pas du tout un sens universel.

 

Une puissance mystérieuse dans un premier temps: le sacré.

 

Mais surtout une frontière: la frontière entre le profane et le sacré.

 

Le crime religieux par excellence est le non respect de cette frontière:

 

- L'usage profane du sacré ( manger un hostie en disant " j'ai faim " )

 

- L'usage sacré du profane ( bénir un corps avec un écumoire )

 

La où le religieux pend son sens c'est qu'il ne constitue pas seulement un mise en respect fascinée du mystérieux, mais aussi l'assurance d'un lien entre le profane et le sacré.

 

Ce qui assure ce lien: le rite.

 

B) le rite

 

Le rite excède le simplement religieux, ou plutôt des rites modernes sont des survivances de rites cf. les rites militaires d'initiation «  les réjouissances qui accompagnent la nouvelle année ou l'installation dans une maison neuve présentent laïcisé, la structure d'un rituel de renouvellement. » Mircéa Eliade: le sacré et le profane

 

2 aspects: Le magique et le religieux.

 

Cependant dans le rite purement en relation avec le sacré 2 types de lien:

 

- Le lien magique

 

- le lien religieux.

 

             Etude du magique: se servir du sacré à des fins profanes

 

2 crédos

 

L’action sur le symbole de la chose est une action sur la chose ( cf vaudous et peur de briser miroirs ou de photos

 

Il peut y avoir un résultat sans travail

 

            Fondamentalement le lien religieux est inverse du lien magique.

 

Le lien religieux constitue un mouvement du profane vers le sacré: une " action de grâce ".

 

A l'inverse le lien magique constitue une intrusion du sacré dans le profane, une technique pour faire en sorte d'imposer une action profane au sacré.

 

- Frontière est claire dans les religions archaïques: le prêtre lorsqu'il officie en tant que sorcier, lorsqu'il demande une intervention du sacré, officie dans le sens inverse.

 

- Dans religions modernes  confusion est plus grande, risque pour le religieux de dégénérer en magique. Une mère qui prie pour son enfant ou le malade qui va à Lourdes pratiquent une forme de magie. => Reserve de la part des églises à l’égard des miracles ou du surnaturel.

 

           

 

C) Aspect social du religieux

 

1) la constitution en église

 

Fonction intégratrice du religieux

 

- Permet de distinguer la secte de la religion: critère observable ( contre critère ssubjectif de " l'épanouissement de la personne )

 

- La présence de hiérarchie. Différence entre catholicisme et orthodoxie ( église autocéphale) ou protestantisme et islam.

 

2) le pur et l'impur

 

Notion aussi complexe ne se limite pas au correct incorrect Le pur et l'impur est un vecteur d'organisation social et de direction du comportement.

 

- Il règle par exemple les problèmes de consanguinité par la double structure des totems et des tabous ( une relation sexuelle avec une femme appartenant au même totem est tabou = entraîne l'impureté de celui qui transgresse ) fondateur de l’interdit de l’inceste.

 

- Il structure la société sur le plan juridique: un criminel devra se livrer à des rites de purification Surtout première solution inventée au problème de la violence : le sacrifice

 

- Il impose des règles d'hygiène: Interdiction de manger certaines viandes.

 

Prescriptions non statiques, un acte peut être impur ou pur en fonction de certains " calendriers " ( carême ramadan ).

 

En approfondissant les rites on s'aperçoit donc que la religion n'est pas seulement un discours sur le mystérieux, elle a une fonction sociale, ce que confirme son ascendant sur le comportement.2 aspects du commandement

 

Interdit ou prescription.

 

La plus archaïque forme de commandement religieux: le totem et le tabou.
du domaine de la magie, pas de la religion

 

- Pas dans le domaine de la stricte obéissance: l'obéissance sans la compréhension est de la soumission. Danger énorme: obéir sans se demander si cela est bon ou non est le fondement du fanatisme et des crimes religieux.

 

D) La transformation du religieux

 

- Intervient lorsque prise de distance avec le mythe.

 

Lorsque ce qui était objet d'une pure émotion devient objet de pensée, ce qui distingue la le divin du sacré. Importance radicale de ce passage:

 

- L'objet de la pensé prend ses dimensions et les religions deviennent catholiques, i.e.universelles, ce qui pose des problèmes, chaque religion ayant une conception de Dieu valable pour tous les conflits sont prévisibles.

 

Auparavant les religions étaient particulière à un peuple, et chacun trouvait normal que l'autre ait un Dieu différent ( cf. la tolérance religieuse à Rome ).

 

- Naissance également du prosélytisme: puisque l'on a une idée universelle de Dieu, il va falloir convaincre de sa validité, ou l'imposer par tous les moyens.

 

Une seule religion universelle non prosélyte: le judaïsme.

 

Rôle ambivalent de la pensée pour le divin :

 

- La raison permet de conforter la foi, d’où le travail des pères de l’église, St Augustin ou St Thomas. On peut même dire que l’idée d’un dieu unique correspond aux exigences de la raison. Cf. le passage des religions polythéistes au monothéisme. Dès qu'une religion se pense, elle abandonne le simple sentiment pour recourir au divin. Zeus ou Jupiter, avaient chez Cléanthe ou Epictète et avant le christianisme, les traits qu'un chrétien ne renierait pas pour son dieu. Cela parce que la raison est une exigence de compréhension totalisante, et que Dieu, aus sens propre « comprend » tout

 

Le simple sentiment du sacré ne permet pas l'accès au divin

 

- Inversement la réduction de Dieu à une simple entité intellectuelle brise la foi du croyant: Attention au Dieu simple objet de pensée

 

 « Le Dieu des Chrétiens ne consiste pas en un Dieu simplement auteur des vérités géométriques et de l'ordre des éléments; c'est la part des païens et des épicuriens.

 

Il ne consiste pas seulement en un Dieu qui exerce sa providence sur la vie et sur les biens des hommes, pour donner une heureuse suite d'années à ceux qui l'adorent; c'est la portion des juifs.

 

Mais le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob, le Dieu des Chrétiens, est un Dieu d'amour et de consolation, c'est un Dieu qui remplit l'âme et le coeur de ceux qu'il possède, c'est un Dieu qui leur fait sentir intérieurement leur misère, et sa miséricorde infinie, qui s'unit au fond de leur âme; qui la remplit d'humilité, de joie, de confiance, d'amour. »  Pascal pensées 556

 

=> Un autre sentiment du sacré fondateur de la foi: Non plus la terreur fasciné devant le mystère de la nature mais la prise de conscience intellectuelle de la fragilité de l'existence:

 

- Autre danger: La pensée qui mène au Divin pourrait également s'interroger sur la validité de la pensée de l'existence Dieu, confronter Dieu à la pensée

 

II LA QUESTION DE L'EXISTENCE DE DIEU

 

INTRO

 

Même si on réduit à ce qui est compatible

 

- Le déisme: Croyance en un Dieu simple affirmation rationnelle pour expliquer le monde Cf. Voltaire : " Je ne peux croire que cette horloge n'ait point d'horloger "

 

- La croyance religieuse proprement dite.

 

Ce qui distingue l'un et l'autre ce sont la croyance en un Dieu personnel, croyance dans le fait que Dieu est une personne préoccupée par le sort des humains.

 

A/ l’APPROCHE INDIRECTE

 

Etude du discours que tiennent chaque tenant d’une position sur celui qui tient une position différente.

 

1) Les causes de l'incroyance:

 

La seule sérieuse: la désinvolture, le fait de ne pas s'interroger sur le sens de l'existence, en se plongeant dans le divertissement.

 

" Voilà mon état plein de faiblesse et d'incertitude. Et de tout cela je conclus que je dois donc passer tous les jours de ma vie sans songer à chercher ce qui doit m'arriver (...) Qui souhaiterait d'avoir pour ami un homme qui discourt de cette manière ? " Pensées 194

 

Cependant le résultat d'une prise de conscience n'est pas obligatoirement la croyance.

 

2) Les causes de la croyance

 

2 grand axes : Psychologiques et sociologiques:

 

Socio économique.

 

Pos. d'expliquer les idées par leur référence à une réalité matérielle.

 

" Le mode de production de la vie conditionne le processus d'ensemble de la vie sociale, politique et spirituelle. " Marx " Contribution à la critique de l'économie politique

 

- Dans cette optique la réalité économique et sociale que traduit la religion est celle d'une oppression. C'est le soupir de la créature opprimée. Marx Critique de la philosophie du droit de Hegel in sur la religion

 

- Combattre la religion c'est enlever à l'homme ce qui lui permet de supporter l'oppression, non pas pour que l'oppression soit plus dure à supporter mais pour que l'homme se révolte.

 

" La critique a dépouillé les fleurs des chaînes imaginaires qui les recouvraient, non pour que l'homme porte des chaîne sans fantaisie, désespérantes, mais pour qu'il rejette les chaînes et cueille les fleurs vivantes." ibid

 

Psychologique

 

Les caractères de Dieu La sévérité la puissance, le fait qu'il punisse et qu'il récompense, les réactions de l'homme à son égard correspondent point par point à l'influence psychologique d'un autre personnage, réel celui là: le père.

 

D'où possibilité de déterminer une origine psychologique de la puissance. Enfant l'homme a quelqu'un qui le protège est lui offre la réalisation de ses désirs : le père. En grandissant l'enfant s'aperçoit que le père n'est pas assez puissant pour le protéger de la dure réalité. Il projette donc dans le ciel un e illusion garante des mêmes valeurs que celles véhiculées par le père, mais capable de le protéger de tout: Le père D'où l'expression de Freud dans l'avenir d'une illusion: " Dieu n'est qu'un père plus puissant "

 

D'où également l'injonction de Freud: " Le stade de l'infantilisme n'est-il pas destiné à être dépassé ?.

 

Généalogie historique de la religion et de ses formes // à l'évolution psychologique:

 

- Le petit enfant croit en la possibilité de réaliser directement ses désirs: ( cf. " je compte 1 2 3 et cela va arriver " pensée magique de l'enfant. // t la 1ère pensé religieuse croit en une réalisation magique de ses désirs il suffit de vouloir pour que cela arrive ( cf. les procédés d'imitation des événements naturels pour les provoquer ( dans qui imite le tonnerre pour faire pleuvoir )

 

- L'enfant plus âgé croit qu'il suffit de demander. Correspond au stade religieux (cf. La prière)

 

- L'adulte sait que le réel est indépendant de ses désirs. Stade technique.

 

Problème de cette argumentation.

 

n'aborde pas directement le problème discipline interprétative qui ne s'intéresse pas à la validité du propos, élude le problème pour poser celui de son énonciation. Renseigne plus sur l'homme que sur l'existence de Dieu en lui même.

 

b/approche directe: la question des preuves

 

1) Les tentatives de preuve rationnelle:

 

- La preuve ontologique St Anselme et Descartes Med. V

 

            Fait de l'existence une perfection, un attribut de Dieu, être souverainement parfait.

 

Si Dieu n'existait que dans la pensée, on pourrait concevoir un être plus parfait existant réellement. Or comme Dieu est la plus grand perfection par définition, l'inexistence est en contradiction avec l'a définition de Dieu donc Dieu existe.

 

Démonstration de la fausseté: Kant Dialectique Tz chIII section 4

 

L'existence n'est pas une propriété interne à une chose, ce n'est pas un prédicat ni un concept.

 

L'existence se constate, elle ne se déduit pas. Si je dis que quelque chose existe, je ne peux pas déduire cette existence de la définition de la chose.

 

Un jugement d'existence n'est jamais analytique mais toujours synthétique.

 

D'où pas de différence entre le concept d'une chose existant et le concept d'une chose n'existant pas, pas de différence par ex. entre le concept de 100 thalers existant dans l'imagination et le concept de 100 thalers existant réellement. Mais dans un cas j'ai de l'argent, dans l'autre je n'en ai pas.

 

- La preuve cosmologique:

 

Prouve Dieu non par lui même mais par ses oeuvres:

 

Preuve: Nécessité d'une cause première pour comprendre l'ensemble d'une chaîne causale.

 

Nécessité d'un premier mouvement pour comprendre que tout se meuve.

 

Intervention de la critique Kantienne: Il y a un usage légitime et un usage illégitime du concept de cause:

 

Le concept de cause la catégorie humaine qui me permet de structurer une expérience.

 

( dem. je peux déterminer a priori une loi de la causalité, donc la cause n'est pas dans les choses mais en nous.)

 

Si donc je relie entre elles 2 données d'expérience par le concept de cause, l'opération est valide, ( ex. l'échauffement d'une barre de métal est cause de sa dilatation )

 

Mais je ne peux relier une donnée d'expérience ( le monde ) et une donnée en dehors de toute expérience possible (Dieu.)

 

Donc l'argumentation cosmologique ne résout rien et Kant a définitivement éliminé toute validité des preuve rationnelle en limitant à l'expérience notre pouvoir de connaître de façon certaine.

 

2) Les preuves par exigence:

 

- L'ordre du monde:

 

Le monde est ordonné de telle façon qu'il semble être conçu selon un plan précis.

 

Voltaire: " je ne peux croire que cette horloge n'ait pas d'horloger "

 

Comment se pourrait-il par exemple que l'oeil n'ait pas été fait pour voir ?

 

Preuve téléologique qui suppose une double finalité:

 

Finalité interne ( Chaque organe tend à l'harmonie de l'ensemble. )

 

Finalité externe Tous les organismes de l'univers sont crées les uns pour les autres dans une harmonie favorable à l'homme. Dans le cas contraire Dieu n'est plus une personne auquel l'homme peut s'adresser, il se réduit à une exigence de cohérence rationnelle, il n'est plus l'objet d'un sentiment religieux.

 

D'abord cet argument est anthropocentrique: Il suppose qu'un ordre qui nous convient est bon en soi.

 

Ensuite il se heurte à un élément majeur le mal.

 

Le mal, et surtout l’injustice est le scandale absolu qui, selon Kant représente pour l’homme une objection contre la providence.

 

Or le mal rien ne peut le résoudre, il reste comme une objection majeure et déterminante à l'existence de Dieu. Il se vit pour le Chrétien comme un mystère.

 

"Nu je suis sorti du ventre de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, loué soit le Nom du Seigneur" Job 1-17-22[

 

- L'exigence morale:

 

Dieu et un autre monde comme seule possibilité de réaliser comme le dit Kant, l'harmonie entre le bonheur et la moralité impossible dans le monde.

 

Mais dans le cas d'une récompense et d'un peine ou est la morale ?

 

Problème général de toute preuve par exigence: Prendre ce qu'on exige pour une réalité, proche de prendre ses désirs pour des réalités.

 

De plus même pour un chrétien l'intervention de Dieu n'est pas déterminante dans le choix, la question morale doit se résoudre par la volonté de bien faire, et il ne suffit pas de répondre à un ensemble de prescriptions

 

" Il 'n'est pas essentiel, ni par suite nécessaire à quiconque, de savoir ce que Dieu fait ou a fait pour son salut, mais bien de savoir ce que lui même doit faire pour se rendre digne de ce secours. " Kant: " La religion dans les limites de la simple raison

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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