Le châtiment

Publié le par Christophe Leconte

CRIME ET CHATIMENT

A/L'utilité de la peine

 

1) Utilité stabilisatrice

- La forme la plus ancienne de châtiment peut être considérée dans un rapport non étroit entre le crime et le châtiment.

Le châtiment est tardif.

Première forme de traitement et de considération du crime:

Le crime se présente comme un élément pouvant déstabiliser une société. L'attribution de la faute est secondaire.

( Affirmation non erronée: des sociétés sont disparues par crime individuel qui a entraîné contagion de la violence et mort de la société. )

Solution adoptée: le sacrifice.

Avantage énorme: dépersonnalise le crime et la vengeance, évite une escalade de la violence.

Appel donc à une victime émissaire qui va permettre de décharger l'agressivité consécutive au crime. ( recours grec au Pharmakos par exemple.)

Avantage discutable. La même opération est employée lorsqu'une société se considère en danger: massacres lors d'épidémie.

 

- Pratique non disparue tout à fait:

- Investissement sacrificiel du châtiment dans l'exposition publique ou la publication des pièces d'un procès.

Pratique moderne de recours à une victime émissaire lors de problèmes sociaux graves.

L'attribution d'un châtiment à l'auteur d'un crime n'est donc possible que lorsqu'une société se sent assez forte pour éviter toue représailles.

Là encore le châtiment peut être employé pour une raison sociale extérieure à la punition.

 

2) Utilité mnémotechnique.

* Les peines sont alors employés au début de l'attribution d'une peine à l'auteur d'un crime comme un moyen mnémotechnique: «  peut-être n'y a-t-il rien de plus terrible dans la préhistoire de l'homme que sa mnémotechnique. On applique une chose avec un fer rouge pour qu'elle reste dans la mémoire: Seul ce qui ne cesse de faire souffrir reste dans la mémoire, c'est là l'in des principaux axiomes de la plus vieille psychologie. » Nietzsche: La généalogie de la morale, Deuxième dissertation §3

 

Considération ensuite d'un rapport juridique du châtiment à la peine

 

B/ Rapport du châtiment à la peine

1) La hiérarchie des crimes:

est d'abord considéré comme crime toute action consistant à déstabiliser une société:

* Référence à des interdits religieux ou sociaux

le sacrilège, l'inceste l'adultère. Lorsqu'une société attribue un crime imaginaire elle emploie le crime le plus en désaccord avec les normes sociales: Les chrétiens étaient accusés de manger les enfants, la reine marie Antoinette d'inceste envers son fils.

 

2) La classification des peines

Devait en principe suivre la hiérarchie des crimes

 

- Répartition économique

Commence en fait dans un principe régulateur contre la contagion de la violence, par une régulation de la peine: Exemplarité de la loi du talion: " Seulement un oeil pour un oeil. "

La peine établit une répartition économique des peines en fonction des crimes.

Dans le sens où elle gère cette répartition

Au sens propre Cf. La loi salique. Cette gestion économique est probablement à l'origine de la répartition des peines en fonction d'une hiérarchie de crime d'ailleurs variable: La publication d'un livre pouvait à une époque être plus criminel que le meurtre.

La répartition n'est cependant pas le seul aspect de la gestion de peines en fonction des crimes:

 

- Répartition symbolique:

Mise en correspondance symbolique du crime et de la peine: ( Brûler les yeux de l'espion, couper la main du voleur) «  tu seras puni par où tu as péché » etc.

 

- Répartition sociale

Qui marque le rang: Le crime peut être défini non en fonction de sa nature mais en fonction du rang de la personne sur lequel on le commet: tuer un roturier au moyen age, ou un noir en Amérique au XIX ème siècle n'était pas un crime

- répartition des peines en fonction du rang:

La roue pour le roturier ma hache pour le noble.

 

C/ L'évolution des peines

 

Apparemment admis: les peines évoluent en fonction d'une meilleure attribution de la peine au criminel:

Progrès dans l'établissement d la preuve: recours non exclusif à l'aveu, usage modéré et en tout cas illégal de la torture.

Parallèlement disparition des traitement dégradants, usage pédagogique de la peine, volonté de réinsertion.

L'adoucissement des peines n'est pas simplement à penser dans l'optique d'un adoucissement des moeurs. Comme le montre Foucault, il s'agit d'un rapport au pouvoir différent:

Le rapport ancien concernait un rapport de force, IL s'agissait de montrer à l'individu que la force du pouvoir était incommensurable par rapport à la sienne.

Les peines modernes et la constitution des prisons répondent à un pouvoir qui s'exerce de nature différente:

Le pouvoir ne consiste plus simplement à faire mourir et à laisser vivre, il s'étend dans tous les domaines de la vie:

L'important est que le criminel reconnaisse le bien fondé de la peine Que cette même société envisage un changement

terminologie: sociologique: resocialisation réinsertion

Psychologique: rééducation politique: autocritique religieux: repentance.

Publié dans Cours

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