L'existence

Publié le par Christophe Leconte

L'EXISTENCE

ELUCIDATION DU CONCEPT:

Synonyme d'exister: être

Parallèle entre être et exister.

Cependant 2 sens du mot être:

 

- Attribution d'un prédicat à un sujet, d'un attribut à une substance par la copule être

=>Le verbe être désigne une relation d'appartenance, affirmation d'appartenance.

 

Il dit ce que je suis ou ce qu'une chose est

2 façon de dire ce qu'une chose est:

* Dire ce qu'est une chose ou un par être accident: ( un homme est brun ou blond par accident )

* Dire ce qu'elle est par essence:

Ce sans quoi la chose n'est pas ce qu'elle est et qui fait qu'elle est ce qu'elle est:

( Un homme est un animal raisonnable.)

 

Il dit qu'une chose est.

- " je suis " affirmation de mon existence, affirmation que je suis , qu'une chose ou un être est

Lorsque Shakespeare dit " être ou ne pas être là est la question ", il ne pense pas à être ceci ou cela mais à être dans l'absolu

.

C'est à cette 2ème acception que correspond le verbe exister, dans un 1er temps exister c'est être dans l'absolu.

 

I/ L'APPROCHE DE L'EXISTENCE:

 

A impossibilité de la saisie ou de la démonstration logique de L'existence.

 

Essai de déduire une existence en fonction d'une essence: la preuve ontologique: l'essence de Dieu => l'existence, Dieu est la seule essence qui => l'existence, puisque c'est la seule qui soit parfaite

Kant a marqué l'erreur: du concept d'être parfait on peut déduire l'idée d'un être existant nécessairement. Mais de cette idée on ne peut déduire une existence: Une fortune de cent thalers n'est pas une idée plus parfaite que l'idée de cette fortune.

Cependant dans un cas je suis riche dans l'autre pas.

= Illusion transcendantale.

" illusion nécessaire, naturelle et inévitable, due à la nature même de notre raison qui nous fait prendre une nécessite subjective d'une liaison de concepts en nous (exigée par l'entendement ) pour une nécessite objective de la détermination des choses en soi.

Cf. Kant CRP Dialectique transcendantale, introduction.

 

 

 

B L'énigme de l'existence.

 

1) Confusion essence et existence.

Autre conséquence de la confusion entre l'essence et l'existence, réduction de l'existence à l'essence.

L'existence au sens le plus large = l'être, l'ensemble des existences = l'être.

Il y a une énigme de l'existence, une énigme de l'être, mais plus grave encore il y a un oubli de cette énigme.

 

l'oubli de l'énigme de l'être

Les choses sont, je suis, semblent être les paroles les plus banales.

Pourtant de ce fait elles ne sont pratiquement jamais interrogées, on ne s'étonne pas du fait que quelque chose existe, qu'il y ait de l'être.

Causes de l'oubli de l'être

- Le souci: l'homme est toujours au devant de lui même, il se préoccupe plus de vivre que de penser

Il ne se demande pas ce que sont les choses, il se demande ce à quoi elles servent, la structure selon laquelle il se rapporte au monde est ce qui sert à, toute chose est renvoyée à

son usage possible. L'ensemble de ces renvois est le monde. => L'homme se rapporte au monde, ne se rapporte pas à l'être.

- Le on : La Banalité quotidienne: l'être-là est accaparé par autrui, il est dépossédé de son être, ne se détermine plus par lui même mais par rapport aux autres

Détermination inauthentique du soi-même = le "on-même "

La dispersion dans le On = "déchéance" = Elt de constituti° ontologique de l'être-là; qui se réfugie dans le bavardage, la curiosité, l'équivoque ( le divertissement). oubli de ce qu'il est.

 

- La métaphysique: Même celui qui cherche à penser et à découvrir ne se préoccupe pas de l'être de ce qui est, ne se préoccupe pas du mystère de l'existence.

L'être n'est pas dans la chose mais dans l'idée . Cepdt dans cette opposition entre la chose et l'idée, l'être demeure absent car réfère a l'étant comme son essence.

On peut énoncer à l'infini les caractéristiques d'une chose, qu'elle est son essence, on ne parviendra pas à épuiser le mystère de sa présence. Cf. Descartes et le morceau de cire.

Méditations 2. @10.

En réduisant la chose à l'idée de la chose, en effectuant une réduction eidétique, on perd de vue l'énigme de l'existence, l'énigme de l'être.

=> Irréductibilité de l'être à autre chose que lui même, gratuité de l'être

 

2) Distinction existence et subsistance

La possibilité qu'a l'homme de s'interroger sur l'être est ce qui fait qu'il existe, alors que les choses simplement subsistent.

Il faut donc, non seulement opposer l'existence à l'essence mais également opposer l'existence à la subsistance.

 

Transition: jusque là existence = une précision du mot être mais il y a possibilité de considérer une opposition entre l'être et l'existence.

 

II OPPOSITION DE L ETRE ET DE L EXISTENCE

 

A) Distinction de l'existence et de l'essence

 

Ce qui est c'est ce qui a un être, un objet est tel objet parce qu'il a d'abord été pensé que ce qu'il est correspond à cette essence.

Mais aucune personnalité humaine ne dépend d'un plan préconçu dans quelque esprit que ce soit.

Pas de preuve de ce fait: une existence s'éprouve, elle ne se prouve pas, il ne s'agit pas d'une réalité objective que l'on peut déduire d'un système, mais d'une réalité subjective

( pour comprendre opposer la philo de Descartes où le "je suis " est tout sujet pensant, est objectif, et la philosophie de Pascal où ce qui importe c'est la personne subjective, prise dans ses doutes et ses douleurs.)

Pas de preuve donc, mais une épreuve.

L'angoisse: distinction de l'angoisse et de la peur: "Que vais-je faire "

Si j'avais une essence, mes actes découleraient de mon essence, aussi sûrement que des théorèmes se déduisent d'axiomes.

L'angoisse montre qu'il n'en est rien : si je suis angoissé c'est que rien en moi ni en dehors de moi ne m'impose telle ou telle décision.

Il n'y a pas dans l'existence une plénitude d'être, le lien plein, par exemple entre une cause et sa conséquence, mais au contraire l'introduction d'un néant dans l'être.

 

 

B) La dualité de l'existant

 

=> L'existant n'a pas de nature, il n'est pas quelque chose d'en soi.

Cette dualité de l'existant se voit dans la conscience réfléchie:

Faire retour sur soi c'est d'une certaine façon se poser comme objet, mais ainsi le je qui prend conscience de la tristesse n'est plus tout à fait le même que le moi qui est triste. Je peux choisir de regarder cette tristesse avec complaisance ou avec désagrément.

Exister c'est donc toujours être ce qu'on n'est pas et ne pas être ce qu'on est. L'homme se néantise toujours, il est toujours séparé de lui même par un néant, il ne coïncide pas avec lui même et cette non coïncidence est la marque de la conscience et de l'existence.

Ainsi croire que l'on est ce que l'on est c'est de la mauvaise foi : " Le maire et Montaigne ont toujours été 2 d'une séparation bien claire " Essais L.III Ch X. et " la plupart de nos vocations sont farcesques." ibid

Cf. Stendhal dans "le rouge et le noir " lorsque Sorel voit l'évêque répéter devant la glace les gestes de bénédiction, se transformer en un évêque par essence.

 

C) Manifestation de cette dualité : la liberté

 

Parce qu'il n'est pas déterminé à être ceci ou cela l'homme est libre.

Objection: l'homme ne choisit pas sa situation, il a un corps, il rencontre des obstacles, tout cela est un donné qui parfois s'impose à l'homme

Le champ de la liberté de l'existant est la donation de sens à la situation donnée. Une situation s'impose mais pas le sens de cette situation, ce sens appartient à l'existant.

Quelque soit la situation, l'homme la dépasse par le sens qu'il lui donne, les possibles qu'il envisage.

Ce dépassement d'une situation donnée par la considération des possibles est la transcendance de l'existant.

Seule occurrence où l'existant devient un être: la mort, la mort transforme l'existant en être, l'existant en destin, " le mort est une proie pour les vivants.

Publié dans Cours

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