La justice

Publié le par Christophe Leconte


 
JUSTICE


Etymologie, le droit, métaphore de la rectitude.
1er sens la justice = ce qui concerne le droit, le légal. -> Application de la raison aux sciences = justesse ->    aux actes = justice Mais aussi idée d'exactitude mathématique toujours présente dans idée justice cf balance équité égalité
Au contraire de ce qui pousse à satisfaire nos désirs au dépend des êtres; la raison impose dans la justice de donner à chacun sa part.
Le droit considère des égalités, il faut déterminer à quelle égalité renvoie la notion de justice.
Le droit se réfère également au légal, au légitime, à ce qui est de l'ordre de la loi, il faut alors considérer le rapport de la justice à la loi, en quoi la loi permet d'être l'incarnation, ou la réalisation de la justice ou en quoi il y aurait une distance entre justice et loi.
La justice est cependant aussi ce à quoi on peut avoir affaire, il faudra poser la question du rapport entre l'idée de justice et son application. Par quels moyens pouvons nous réaliser la justice, n'y aurait-il pas un danger à tenter de réaliser la justice par des moyens injustes, jusqu'où pouvons-nous aller pour imposer la justice ?
.

 

 

 

 

 

                        I DIFFERENTES FORMES DE JUSTICE.

 

                       

 

 1. Justice distributive.

 

 

Etablit entre les termes posés deux à deux :

 

            Bon candidat - bonne note

 

            mauvais candidat - mauvaise note.

 

cf. aussi salaire. exigence d'égalité.

 

 

 2. Justice mutuelle.

 

Très différente, pose l'égalité fondamentale des personnes

 

ex : Un juge arbitre dans un procès civil ne va pas considérer la condition sociale des plaideurs.

 

            Si un plaideur est simple d'esprit le juge annulera le contrat, établira l'égalité des droits.

 

 

 3. Compatibilité ?

 

OUI dem :

 

Considérer l'égalité de chacun devant l'éducation accorder la même attention au brillant et au faible. Cependant à la correction d'un devoir attribuer des notes proportionnelles au mérite.

 

Les deux exigences sont compatibles cependant différence.

 

Transition: A laquelle de ces 2 égalités renvoie l'idée de jusice

 

                       

 

 

II validité de la. Justice distributive.?

 

 

légitimité possible

 

Notion centrale de ce type de justice: le mérite.

 

- Injustice du fait par exemple de donner moins à un individu qu'il ne mérite.

 

Position ou peine

 

-Application possible de la justice disributive au repressif comme au social

 

Compléxité lorsque approfondissement

 

 

A la question de l'origine

 

 

1) En justice répressive

 

Le problème peut être une transformation de l'injuste en juste avec le temps

 

- Origine économique en justice réprssive

 

La loi du talion par exemple propose de donner un oeil pour un oeil.

 

mesure de clémence certes mais suspecte: Elle suppose que la peine de l'autre constitue une monnaie d'échange pour une perte subie.Cf Nietzsche : "comment la souffrance peut-elle être une compensation pour des « dettes » ? Faire souffrir causait un plaisir infini, en compensation du dommage et de l’ennui du dommage cela procurait aux parties lésées une contre-jouissance extraordinaire " Généalogie de la morale 2ème dissertation § 6
2) En justice sociale:

 

Ce sont ceux qui ont eu accés au pouvoir qui ont déterminé que leur position était juste:

 

La justice distributive ne serait que la légitimation d'un état de fait; Le roi considère qu'il est juste qu'il règne, qu'il est un roi " légitime " parce qu'à un moment ils'est imposé par la force.

 

Même problème concernant la propriété: Le simple fait de posséder une terre, d'être assez fort pour la garder s'est transformé en droit, et en droit transmissible."Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne." Rousseau Discours sur l'origine de l'inégalité 2ème partie

 

La justice ce pourrait être tout simplement la légitimation d'un rapport de force

 

" n'ayant pu faire que ce qui est juste fut fort, on a fait en sorte que ce qi est fort fut juste." Pascal

 

 

B Dépassement des inégalités

 

 

1) en droit pénal

 

L'effort de la justice distributive va être de se séparer de cette origine:

 

Donner une peine ce n'est plus " faire subir ce qu'on a subi " . La proportion est maintenu dans un but dissuasif et dans le but d'empêcher de nnuire.

 

 

2) sur le plan social

 

La justice consiste à accorder à un individu la place qu'il mérite vraiment, à ne pas s'en tenir au fait que le temps ait accorder quelque chose

 

Au XIX ème on donnait un brevet d'officier à celui qui pouvait l'acheter ou qui était noble.

 

Cela est considéré comme une injustice actuellement. On cherce à faire disparître les mauvais rapports selon lesquels on considérait les individus.

 

- Mauvais rapport : donner plus à quelqu'un en fonction d'une position sociale

 

- Bon rapport: faire disparaître les influences sociales:

 

 

Inégalités naturelles et artificielles:

 

- Talent, aptitudes, données physiques différentes pour chaque individu = inégalités naturelles.

 

- Inégalités artificielles. Inégalités sociales, argent, cf. milieu héritage caste.

 

 

La justice va consister à ne pas tenir compte des inégalités arficielles, à les gommer, pour obtenir une société où chacun obtiendrait ce qu'il mérite.

 

Egalité civile :Egalité au niveau électoral ( # vote censitaire.)

 

- Justice avantageuse: elle permet à une société de progresser vers l'excellence, de ne pas permettre les " Mozart assassinés."

 

- Ce qui permettrait de la réaliser: la justice civile: libre accès de toute personne à tout poste de résponsabilité, libre droit à l'éducation. Représenté dans toute société démocratique par l'éligibilié de tout citoyen, dans le libre accés aux concours et aux examens, dans leur anonymat ( fils de patron peut échouer au bac comme fils d'ouvrier.)

 

Il s'agit en somme de révéler les aptitudes naturelles de chacun, que chacun ait les mêmes chances.

 

 

C Problèmes de l'égalité civile: 

 

 

1) Cette égalité est uopique:

 

Elle laisse de côté le caractère très discutable des inégalités " naturelles ".

 

Les noirs ont un Q.I. moins élevé que les blancs. Référence à la nature absurde. => La plupart des inégalités naturelles sont des inégalités artificielles.

 

 

2) Ruse possible de l'égalité civile:

 

Idéologie et ignorance de la reproduction sociale

 

 

Conclusion: l'égalité distributive ne recouvre pas l'idéal de justice, elle suppose une autre justice plus fondamentale: l'égalité fondamentale entre les personnes

 

( pour pouvoir considérer une égalité d'un échange il faut considérer les échangeurs comme égaux ) "Il semble que la justice distributive a pour objet l'ordre et n'est qu'un moyen; tandis que la justice mutuelle est par elle même un idéal c'est à dire une fin pour toute volonté droite". ALAIN, Propos.

 

 

 

III L'EGALITE DES PERSONNES.             

 

 

 

A) Réalisation de l'égalité par la loi
L'égalité fondamentale est l'égalité en droit.

 

Cf. déclarat° des droits de l'Hô. Ou se manifeste cette égalité ? Dans la loi. La loi c'est reconnaître à tous les mêmes droits i.e.l'application universelle de la justice.  Ce qui fait que la loi est la loi : La double universalité de son origine et de son objet.

 

- Universalité de l'origine :  Ce qu'un Hô seul décide ne peut avoir le statut de loi: peut dans le meilleur des cas être l'effet d'une exécutive mais permettre à un ordre émanant d'un seul individu d'avoir le statut de loi c'est confondre la puissance législative et la puissance exécutive.

 

"Ce qu'un Hô seul, quel qu'il puisse être ordonne de son chef n'est point une loi."  Rousseau  Du contrat social L.II Ch.VI

 

Une loi doit avoir pour origine l'ensemble de ceux qui sont soumis. C'est à dire :le peuple. L'origine de la loi doit être l'expression de la volonté générale.

 

Invalide surtout le fait du prince: Le tyran qui affirme que tel et tel de ses caprices est la loi.# Régimes totalitaires.

 

- Universalité de l'objet.

 

 Ce qui vise un objet particulier n'est pas non plus une loi: Une loi par définition s'applique à tous: "Ce qu'ordonne même le souverain sur un objet particulier n'est pas non plus une loi." Ibid.

 

Comment se nomme un ordre du souverain ou de l'exécutif sur un objet particulier ? un décret. Que tous soient égaux devant la loi, que la loi s'applique à tous, ne signifie pas que la loi attribue à tous les mêmes choses : l'égalité devant l'impôt ne signifie pas que tous payent la même cotisation. Signifie simplement que la loi ne nomme personne :Elle ne juge pas des Hô mais des actions( #judiciaire.)

 

                        Définit des fonctions, ne nomme pas leur titulaire. ( # exécutif.)

 

 Invalide surtout les régimes d'exception ( ex. Apartheid.)
B) Lien entre justice et liberté.
- La loi comme l'harmonie et la limitation des libertés " Le droit est la limitation de la liberté de chacun à la condition de son accord avec la liberté de tous, en tant que celle-ci est possible selon une loi universelle. "  Emmanuel Kant, Théorie et pratique, 2e, partie, trad. Guillermit, Vrin, 1980, p. 30.

- L'obéissance à la loi comme véritéble liberté: " L'impulsion du seul appétit est esclavage, l'obéissance à la loi qu'on s'est préscrite est liberté". Rousseau.

 

 

 

IV JUSTICE ET CHARITE

 

 

 

            A Importance de la charité

 

 

1.Opposition de l'universel et du singulier.

 

La justice ne nomme personne, ne s'adresse à aucun individu en particulier.(.Cf. plus haut.)

 

Elle ne doit nommer personne elle est un pcipe universel d'égalité.

 

Elle dit qu'on ne doit pas donner plus à X qu'à Y sans considérer X ou Y

 

La charité, elle, s'adresse aux personnes.

 

 

2.Positif et négatif.

 

La justice n'existe que par l'injustice, elle est un exigence d'équilibre, d'égalité. Elle vise à rétablir un équilibre mis en danger par l'injustice.

 

La justice est un principe d'ordre, un principe conservateur de l'ordre social.

 

Elle est négative parce qu'elle impose juste de ne pas nuire à autrui, de ne pas rompre l'équilibre.

 

Elle est tout au plus réparatrice parce qu'elle cherche à rétablir un équilibre rompu. Ex : payement de dettes.

 

Au contraire charité = exigence positive :

 

            "fais à autrui ce que tu voudrais qu'il te fît.

 

 " La justice est à la charité comme le négatif au positif ou comme le clos à l'ouvert, le bon sens conservateur à l'invention créatrice." JANKELEVITCH :  Traité des vertus.

 

            De plus la justice ne supprime pas la haine ou l'agressivité, i.e.la possibilité de l'injustice, elle ne fait qu'en soigner les symptômes, elle ne s'en prend pas au principe du mal :Condamner un tueur ce n'est pas supprimer la volonté de meurtre. La justice réduit la haine à l'impuissance sans en tarir la source.

 

- Justice calculatrice.  La justice est une exigence minimale qui dans certains cas peut paraître mesquine  La justice ne fait pas de cadeaux.  Ex : Si elle interdit à un créancier de prendre plus qu'on ne lui doit, elle lui permet de prendre tout ce qu'on lui doit sans se préoccuper de la situation de son débiteurs.

 

 Cependant ces critiques se limitent à la seule justice légale.

 

- Or Tzce de la justice / au légal.

 

 La justice n'est pas close sur le légal : Une loi peut être injuste et révélée comme telle en référence à une idée de la justice. La justice est un idéal qui justement peut corriger le légal

 

 

                        B.danger de la charité

 

 

- Ruse pos. delà charité.

 

Ds la charité l'idée d'un acte facultatif effectue selon la bonne volonté du charitable. Elle peut donc faire apparaître comme non obligé tout acte dépassant le légal, restreindre la correction du légal en plaçant tout ce qui est en dehors dans la compétence de la charité. La charité n'est pas un devoir elle est une vertu.

 

Pos. de voir dans cette vertu une ruse pour faire accepter au misérable l'injustice de sa condition : « Toute la ruse des bonnes consciences bien pensantes et bien nourries, revient à donner au pauvre comme une gracieuseté ce qui lui est dû comme un droit, à lui faire en sorte généreusement cadeau de son bien propre. Le pauvre sera spolié et de plus comme on lui a fait croire qu'il n'avait droit à rien il remerciera son voleur. Détroussé et reconnaissant! Que dites vous de l'opération, Une si bonne affaire ne mérite - t - elle pas que le riche jette du lest et au besoin même reprise la guenille de son mendiant pour être sur que son mendiant continuera de vivre déguenillé; l'habit en haillons et le coeur inondé de gratitude ? »

 

JANKELEVITCH :  Traité des vertus.

 

En faisant l'aumône on s'évite de réparer les injustices.

 

- Partialité de la charité - Universalité de la justice :

 

Exercice de la charité parfois réservé aux seuls membres d'une communauté partageant les mêmes convictions.

 

- Initiative de la charité - Réalisation de la justice. l'exercice de la charité dépend d'un idéal de justice, l'acte effectué par charité individuelle peut devenir l'objet d'une

 

disposition légale

 

 La vraie charité aurait la justice comme fondement, serait effectuée en fonction d'un idéal de justice supérieur.(.Cf. loi Coluche & St Vincent de Paul).Ce serait l'aptitude, non théorique, à ne pouvoir supporter l'injustice. La justice est un concept qui se comprend davantage par le scandale de son absence que par l'analyse de sa vérité, comme idéal, la justice est de l'ordre de ce qui n'est pas.

La justice n'existe point ; la justice appartient à l'ordre des choses qu'il faut faire justement parce qu'elles ne sont point. La justice sera si on la fait. Voilà le problème humain. " Propos II, Paris, Gallimard, 1970 (Bibliothèque de la Pléiade), pp. 279-280

 

 

 

Conclusion :la charité n'est pas l'aumône. La justice définit l'idéal, la charité est le moteur de sa réalisation, l'élan par lequel la justice est réalisée.

 

 

Conclusion sur la justice: elle n'est pas un état de fait, elle ne décrit pas une situation réelle, elle est ce qui oriente le droit, une idée régulatrice, dont la réalité est un horizon pour une volonté bonne, une constitution ayant pour but le bien commun de tous ceux soumis à cette constitution et non les intérêts particuliers d'une classe, ou même de la majorité.

 

 

IV LE DROIT ET LA FORCE.

 

 

Interrogation sur les moyens mis en oeuvre pour réaliser l’idée de justice.

 

 

1) L’utopie

 

Nécessaire pour envisager une réalisation possible de l’idée de justice. Sans imagination et société imaginaire la situation peut être vécue dans ce que Sartre nomme «  la plénitude d’être ». Il n’y a pas d’insupportable en soi ou d’intolérable en soi. Seule devient insupportable une situation que l’on a décidé qu’elle était telle. Seule permet de le décider une perspective, un autre état possible, donc une réflexion et une culture.

 

Problème: La réalité peut résister à la réalisation de l’utopie, et celui qui la tente peut faire payer cher à la réalité sa distance avec l’utopie. Cf. Robespierre envoyant à la guillotine tous ceux qu’il ne considérait pas comme étant les vertueux capable de réaliser l’utopie républicaine. Cf. aussi l’utopie communiste envoyant dans des camps.

 

 

2) la fin et les moyens

 

L’emploi de moyens injustes peut pervertir l’idée que l’on cherche à atteindre pas ces moyens.

 

Cf  « les justes » de Camus et l’interrogation sur la possibilité d’employer des moyens violents pour mettre fin à un état lui même violent.

 

Problème de la torture pour mettre fin au terrorisme.

 

La violence et l’injustice peuvent devenir une habitude et coller à la peau comme le Lorenzaccio finit par coller à son personnage. Cf «  Capitaine Conan » de Tavernier où la violence devient en elle même un mode de vie auquel on ne peut plus renoncer ( cf. aussi la part importante d’anciens résistants dans la pègre des années 50 ). Gerard Mosse considère le processus de brutalisation, qui ne consiste pas dans le fait de brutaliser une victime, mais dansa le fait d'être soi-même transformé en brute: 
Par la propagande militariste de 1918, la réduction des misères de la guerre à une mythologie héroïque, la glorification du sacrifice, etc. on préparait déjà le fascisme des années ultérieures.
Mais la brutalisation, pour les esprit, c'est aussi pour ceux qui ont vécu la guerre, un mépris de la vie, de la sienne comme de celle d'autrui, une habitude d'un recours aux armes, parfois une fraternité qui transcende les lois de façon malsaine. cf Rambo.  

 

- Distinction difficile entre terroriste et résistant.

Publié dans Cours

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